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LA FILLE DES ELEMENTS
(arrivée 2è au concour de fanfic 2006)




Histoire par Victoria :


Chapitre I


Ouvrir les yeux, c’est parfois tellement facile. Mais cela peut s’avérer beaucoup plus difficile quand on est assez gravement blessé et que ça fait bientôt deux jours que l’on dort. C’est ce qui arrivait à cette jeune fille, une simple jeune fille sans histoire qui a eu la malchance de se trouver au mauvais endroit au mauvais moment. Alors qu’elle essayait péniblement de se relever, elle tâta son corps, pour voir l’étendue des dégâts. Apparemment, les bandages étaient assez nombreux, mais rien d’inquiétant. Elle s’asseya au bord du lit, et regarda là où elle était. Une pièce très rustique, et hormis le lit, il n’y a comme autre meuble qu’une petite table et une chaise. Commençant à se sentir mieux, elle décida de sortir, pour voir si elle ne pourrait pas rentrer chez elle, car elle n’aimait pas profiter de l’hospitalité des autres, et elle trouvait qu’elle perdait du temps sur son travail à rester ici. Elle alla donc vers la porte, mais la trouva fermée. Même en forçant, elle ne réussissait pas à l’ouvrir.

- Je… Je suis enfermée ? se dit-elle. Mais pourquoi donc ? Bon, plutôt que de paniquer pour rien, le mieux serait d’attendre que quelqu’un vienne. On m’a soigné, ce qui veut dire qu’on ne va pas me laisser mourir de faim et de soif ici… j’espère.

Elle commença à se faire des films. Après avoir imaginé une morte lente et douloureuse à cause du manque d’eau et de nourriture, elle commença à imaginer que des gros rustres l’avait enfermé pour qu’elle devienne leur esclave, ou pire, abuser d’elle. Elle chassa ces idées, sachant que son imagination lui faisait toujours penser des choses grotesques. Elle vivait dans un environnement où ce genre de choses étaient pratiquement impensables, mais le fait qu’il y ai quand même une possibilité lui procura un frisson d’horreur. Pour attendre, elle décida de regarder la moindre aspérité des murs. C’est à ce moment là qu’elle fit attention à la fenêtre, qu’elle n’avait bien entendu pas vu avant alors que la lumière du jour entrait dans la pièce.

- Je vais pouvoir sortir par là ! s’écria-t-elle dans un élan de joie.

Elle s’en approcha, sortit la tête et vérifia les alentours. Ce fut une grande déception… En effet, la fenêtre donnait une magnifique vue sur la mer… et sur les 50 mètres de hauteur qu‘il y avait. La maison était construite à bord de falaise, et tenter de partir par la fenêtre serait du suicide.

- Flûte…

- Vous ne devriez pas trop vous pencher, fit une voix derrière elle. Vous risqueriez de tomber.

La jeune fille sursauta et se retourna vivement, pour apercevoir une homme âgé d’une vingtaine d’années, assez grand et costaud, les yeux vert, les cheveux court et châtain clair. D’ailleurs, en voyant la coiffure de l’homme, elle ne put s’empêcher de penser :

- Whoaw, la coiffure du lion !

En effet, les cheveux du jeune homme étaient tellement en bataille qu’on aurait dit la crinière d’un lion.

- Comment vous sentez-vous ? demanda l’homme.

- J’ai connu mieux, mais dans l’ensemble ça va.

- Vous m’en voyez ravi.

Il tenait dans ses mains un plateau avec divers plats, qu’il posa sur la table.

- Mangez, cela vous fera du bien.

- Je n’ai pas très faim pour le moment…

- Comme vous voudrez. Comment vous appelez-vous ?

- Masha. Mon nom est Masha. Et vous ?

- Appelez moi Aiolia.

- Très bien, Aiolia. Est-ce que vous pourriez arrêter de me vouvoyer, je n’aime pas vraiment ça, fit-elle avec un sourire pour inciter le dénommé Aiolia de faire ce qu’elle demandait.

- Si tu veux, mais alors toi aussi.

Masha acquiesça.

- Parfait ! fit Aiolia. Tu m’excusera d’être aussi brutal mais on m’a demandé des réponses. Dis-moi, que faisais-tu dans ce secteur ? Tu sais que seuls ceux qui y sont autorisés peuvent s’y rendent.

- Euh… C’était pour aller à…. un rendez-vous… galant… mentit-elle.

- Tu mens très mal…

- Bon d’accord. Si je suis allé là-bas, c’est parce que c’est souvent là que les chevaliers d’or s’entraînent…dit Masha avec une petite mine.

- Si tu le sais, tu devrais comprendre que ça peut être très dangereux. Pourquoi y es-tu allée ?

- Ben… J’ai beaucoup d’admiration pour les chevaliers d’or, et chaque fois que je peux, j’essaye de les voir. Comme ils ne quittent que rarement leur maison, j’ai pensé que le meilleur moyen de les apercevoir serait d’aller là où ils s’entraînent, et c’est-ce que j’ai fait.

Aiolia regarda la jeune fille attentivement. Elle devait soi avoir beaucoup de courage, soi être complètement inconsciente pour avoir fait cela. Quoi qu’il en soit, elle ne devait pas savoir qui il était. Heureusement, car il était responsable de son état actuel…

- Tu veux bien me raconter ce qui t’es arrivée exactement ? demanda-t-il.

- Hein ? Si tu veux… En fait, je me baladais tranquillement dans ce secteur dans l‘espoir de voir un chevalier, quand j’ai entendu un bruit, une sorte d’explosion. J’ai voulu voir ce que c’était, et lorsque je suis arrivé sur place, j’ai entendu une autre explosion, et des rochers de la paroi rocheuse sont tombés alors que j‘étais juste à côté. J’ai du avoir énormément de chance, fit-elle en souriant. J’ai du me retrouver coincée entre plusieurs gros morceaux qui ne m’ont pas écrasés mais juste blessée. C’est bien ça ?

- En effet. Tu peux non seulement te vanter d’avoir survécu à un truc pareil, mais aussi d’avoir interrompu un chevalier d’or en plein entraînement.

- Nooon, dit Masha en écarquillant les yeux. J’ai failli voir un chevalier d’or, et moi, douée comme je suis, je me retrouve coincée sous des rochers qui m’empêche de le voir ! Rhaa, quelle nulle !!

Aiolia fut stupéfait de la réaction de la jeune fille. Interrompre un chevalier d’or était une chose grave, et elle aurait du, plutôt que de se lamenter d’avoir raté un des 12 en faisant de grand gestes et gémir, s’inquiéter de son sort. Il sourit. Il commençait à l’apprécier et aimait bien son caractère. De plus, elle était assez mignonne. Ses longs cheveux blonds lui arrivaient de temps en temps sur ses yeux, d'un magnifique bleu marin où l'on pouvait voir danser les vagues, ressortant bien sur son visage fin et doux. De plus, la robe de servante qu’elle portait faisait ressortir ses belles courbes.

- Hum, fit-il pour chasser quelques unes de ses pensées et pour attirer l’attention de Masha qui s’arrêta net, j’ai remarqué que tu étais une servante. Tu travaille où ? Et tu y fais quoi principalement ?

- Je bosses dans le quartier des apprentis chevaliers, et je fais surtout le ménage et la cuisine, comme toutes les servantes. Il m’arrive aussi d’assister le docteur quand il a besoin d’aide lorsqu‘il vient sur le camp d‘entraînement.

- Tu travaille beaucoup j’ai l’impression.

- Oh, pas plus que certaines.

- D‘accord, dit-il tout simplement.

La nuit commençait à tomber, aussi Aiolia décida-t-il de ne pas rester plus longtemps pour permettre à Masha de se reposer et il était resté déjà trop longtemps.

- Je vais y aller Masha. Le jour disparaît, et je voudrais que tu te repose. N’oublie pas de manger un peu d’accord ?

- Je mangerais, promis. Je commence à avoir le ventre qui gargouille, dit-elle en se tenant le ventre pour couvrir le bruit que fit celui-ci à ce moment là. Au fait Aiolia, je ne t’ai pas demandé, mais que fais-tu comme travail ? Et pourquoi t’occupe-tu de moi ?

Aiolia, une main sur la porte qu’il avait entrouverte, mit un certain temps avant de répondre.

- Si je m’occupe de toi, c’est parce que c’est à cause de moi que tu es là. Je suis Aiolia, chevalier d’or du Lion… Bonne nuit Masha. J’essayerais de revenir te voir.

Il sortit, laissant la jeune fille complètement abasourdie. Elle resta un moment bouche bée, incapable de faire autre chose. Finalement, elle se rendit à pas lent à la table, s’assit avec lourdeur et mangea sans même vraiment s’en rendre compte.

- Oh, j’y crois pas, pensa-t-elle. Pincez-moi je rêve ! J’ai vu un chevalier d’or, et je lui ai même parlé ! C’est pas possible… Si ça trouve, je vais me réveiller dans pas longtemps et tout ça ne sera qu’un rêve, un merveilleux rêve qui ne sera jamais réalité…

Pour vérifier si elle rêvait ou pas, elle se pinça. La douleur la fit sursauter, non pas parce que cela lui avait fait très mal, mais parce qu’elle réalisait que ce qu’elle avait vécu était bel et bien réel. Trop abasourdie, elle continua un peu son repas, puis alla se coucher, impatiente d’être le lendemain.
Chapitre II


Au bout d’une semaine, Masha pouvait quitter l’infirmerie, bâtisse qu‘elle n‘avait jamais vu auparavant. Sa guérison rapide avait intrigué plus d‘un, mais une rumeur disait que depuis sa naissance Masha guérissait drôlement vite. Certains appelait ça un don, d’autres de la sorcellerie. La jeune fille était déçue. Elle n’avait pas revue une seule fois Aiolia alors qu’elle aurait vivement aimé parler avec lui, et elle l‘avait même attendu ce jour jusqu‘au soir, dans l‘espoir qu‘il vienne lui dire au revoir. Ce qui l’énervait le plus, c’est que la première fois qu’ils s’étaient parlé était sans doute la première et dernière fois qu’elle avait l’occasion de discuter avec un chevalier d’or.

- Pourquoi n’est-il pas venu ? J’ai fait quelque chose qui fallait pas ? Si j’avais su, jamais je lui aurait dis mon adoration pour les plus puissants guerriers d’Athéna. Mais d’un autre côté, il ne devrait pas être étonné. Tout le monde adore les chevaliers d’or !

Elle n’avait que ces pensées en tête, n’arrivant pas à réfléchir à autre choses malgré ses efforts. Elle marchait en traînant les pieds, les yeux fixés sur le sol. Elle se serait sûrement cogner contre un arbre ou un pilier si une de ses amies ne l’avait pas interpellé, la sortant ainsi de sa réflexion.

- Mashaaa !!! cria son amie en courant vers elle. Alors comment tu vas ?

- Ça va ça va. Pour ce qui m’es arrivée je m’en sors plutôt bien.

- C’est incroyable quand même ! Tu as eu une veine d’enfer ! Alors, raconte moi comment s’est passé ta convalescence. Je veux tout savoir.

Elle lui raconta sa semaine, sans oublier le moindre détails. En entendant l’un de ces détails, l’amie de Masha écarquilla les yeux :

- Un chevalier d’or ?! Mais dis-moi, Dame fortune a décidé de te combler !

- Si tu le dis…

- Oh allé, ne soit pas fâchée parce qu’il n’est pas venu. Il a sans doute eu une mission !

- Qu’est-ce qui te fais croire ça ?

- Rien, mais c’était pour te remonter le moral. Bon, il faut absolument que tu vienne. C’est l’anarchie depuis que tu es partie ! Les apprentis se languissent de ta cuisine, et ils le font savoir très clairement !

Les deux jeunes femmes rigolèrent et se mirent en route pour le quartier des apprentis chevaliers. Lorsqu’elles furent arrivés, elle allèrent directement en cuisine. Les élèves allaient bientôt rentrés, et ils seraient affamés. Après avoir fait le service, prit un repas, raconté pour Masha à presque tout le monde ce qui lui était arrivé, et avoir nettoyer de fond en comble le cuisine, elles allèrent dans leur chambre, seul endroit qui leur était entièrement réservé. Masha et son amie, qui se nommait Crisis, partageaient la même pièce avec trois autres filles. On ne pouvait pas dire que c’était le grand luxe dans la pièce, mais c’était tout de même confortable. La nuit passa tranquillement, bien que Masha eu un peu de mal à dormir.
La journée du lendemain s’annonçait magnifique. Le ciel était dégagé, la température un peu chaude mais radoucie par une douce brise rafraîchissante. Les servantes s’afféraient en cuisine, et après le départ des apprentis, nettoyaient leurs chambres. Vers dix heures, la patronne des jeunes fille vint les voir, désirant s’entretenir avec Masha. C’était une forte vieille femme d’environ 50 ans, décrépis, les yeux gris et ses cheveux déteint jamais coiffés, qui imposait malgré tout le respect, bien que sa voix, à la fois rocailleuse, assez aigue et hachée prêtait souvent aux blagues parmi les servantes.


- Que puis-je pour vous madame ? demanda Masha.

- Rien, répondit sa supérieur. Vas dans ta chambre et réunis toutes tes affaires. Tu pars.

- Pardon ? fit Masha, étonnée. Mais pourquoi ?

- Tu comprendras plus tard. Fais ce que je te dis.

La jeune fille s’exécuta, mais avec lenteur. Elle ne comprenait pas pourquoi on lui disait de partir, et cette ignorance ne lui donnait pas du tout envie de préparer ses affaires. En sortant, elle dit au revoir à tout le monde, ne sachant pas quand elle allait pouvoir les revoir. Masha, la mort dans l’âme, suivit la vieille femme jusque dans son bureau, le peu d’affaire qu’elle avait mit dans un sac en toile porté sur son dos. Masha dut attendre devant la porte du bureau. Ne sachant que faire, elle déposa son sac à terre et colla son oreille à la porte, écoutant ce qui s’y disait. Elle ne comprit pas grand-chose, mais avait cru entendre qu’elle serait au service de quelqu’un de particulier. Lorsque des pas se firent entendre, elle s’enleva rapidement et se colla à un mur, se mettant loin de la porte. Celle-ci s’ouvrit, laissant passer la vieille femme, ainsi qu’une personne qu’elle n’aurait jamais cru revoir. Aiolia.

- Salut Masha, fit celui-ci. Comment vas-tu ?

Il n’obtint pas de réponse. Masha avait croisé les bras et regardait sur le côté, visiblement en colère. Ce comportement ne plut guère à sa supérieur, qui s’empressa de le lui faire comprendre.

- Comment peux-tu avoir un tel culot Masha ?! Tu dois le respect à ce monsieur, alors tu arrêtes cette tête de suite et tu réponds quand il te pose une question !

- Ce n’est rien, fit le chevalier d’or en posant une main sur l’épaule de la vieille femme pour la calmer. Sa réaction est légitime. Maintenant, si vous voulez bien nous excuser madame.

Il s’avança vers Masha, qui recula. Ne sachant pas trop comment apaiser la colère de la jeune fille, il prit son sac posé à terre et commença à avancer.

- Tu veux bien venir Masha s’il te plait ?

Réticente pendant cinq minutes, la jeune fille finit par suivre le chevalier, qui acceptait la marche lente de Masha, comprenant qu’elle n’avait pas très envie de le suivre. Ils marchèrent ainsi pendant un moment, aucun ne disant la moindre parole. Au bout d’un moment, la voix de Masha finit par se faire entendre, pleine de colère.

- Pourquoi n’es-tu pas venu alors que tu m’avais dit que tu reviendrais ?

- Je suis désolé Masha, mais je n’ai pas pus venir, bien que j’en avais l’envie. J’ai été retenu par quelques affaires.

- … Où m’emmènes-tu ?

- Tu verras.

- Je veux savoir.

- Tu verras, répéta-t-il en souriant.

Ils n’échangèrent pas d’autres mots. Masha observa bien les alentours, n’ayant jamais été dans cette partie là du Sanctuaire, regardant également Aiolia de temps en temps pour voir où il allait. Son regard fut un moment attiré par la grande statue d’Athéna, celle qui se situait derrière le palais du Grand Pope. Elle eu l’impression d’être plus proche de la statue, comme si elle se dirigeait vers elle, comme si chaque pas la rapprochait un peu plus de cette représentation divine protégée par les douze maisons du zodiaque. Elle se rappela à ce moment ce qu’elle avait entendu dans le bureau de sa supérieur. Son cœur fit un bond dans sa poitrine. Elle allongea le pas afin de rattraper le chevalier d’or et lui demanda :


- Aiolia, j’ai entendu tout à l’heure que j’allais être au service de quelqu’un en particulier. Est-ce que ça va être toi ?

- C’est toi qui vois. Tu pourras si tu le désire être au service de n’importe quel chevalier d’or. Mais quoiqu’il arrive, tu peux être certaine que tu seras dans l’une des 12 maisons, et que tu pourras ainsi côtoyer les chevaliers d’or.

Masha s’arrêta. Elle regarda Aiolia, incroyablement étonnée.

- Pourquoi ?

- Pour trois choses principalement. La première est que comme ça, tu ne te mettras plus en danger dans l’espoir de voir un chevalier d’or, la deuxième est pour me pardonner l’acte qui t’a envoyé à l’infirmerie, la troisième est pour me faire pardonner de n’être pas venu.

- Merci Aiolia ! dit-elle en se jetant sur lui pour le serrer dans ses bras.

- Ce n’est rien, fit-il un peu gêné par la situation. Bon on continu d’avancer ?

Masha lui sourit et reprit sa marche, cette fois-ci avec une allure beaucoup plus rapide, histoire d’atteindre plus vite son prochain lieu de travail. Aiolia rigola un peu en constatant le changement radical de la jeune fille, décidemment sans gêne. Il l’a rattrapa et lui indiqua quelle direction il fallait prendre, car maintenant Masha restait toujours devant, courant presque par moment.

- Attends Masha ! cria Aiolia, riant. Ça ne sert à rien d’aller si vite. Les 12 maisons ne vont pas s’envoler !

- Je sais, mais j’ai envie d’y être rapidement.

Elle continua, tourna à droite à une intersection sous l’ordre d’Aiolia, puis continua tout droit. Au bout d’une petite minute de marche, elle s’arrêta net, laissant échapper un sifflement d’admiration. Aiolia, qui venait d’arriver, ne s’étant pas pressé pour venir, lui dit, tel un guide touristique :

- Masha, bienvenue devant les premières marches des 12 maisons du zodiaque.
Chapitre III

Masha contempla la splendeur qui s’offrait devant elle, le cœur palpitant. Aiolia commença à gravir les innombrables marches (qui avait donné la réputation des 12 maisons, en plus de la présence des chevaliers d‘or, d’être un lieu infranchissable), suivit de près par la jeune fille. Celle-ci était excité comme une puce, mais en même temps avait peur. Aiolia allait sûrement la présenter à ses frères d’armes. Comment cela allait-il se passer ? Elle espérait grandement ne pas faire de boulette devant les chevaliers d’or. Si jamais elle en faisait une, elle ne pourrait le supporter.

- Ô grande déesse Athéna, pria Masha dans sa tête, fait en sorte que tout se passe bien. Prête moi la force nécessaire pour surmonter cette épreuve. Que la force soit avec moi !

- Il n’y a personne dans la première maison, dit Aiolia, interrompant la prière de Masha qui remarqua à ce moment là qu’elle était à l’intérieur de la maison.

- Pourquoi ?

- Le chevalier du Bélier n’est jamais venu ou presque au Sanctuaire. Il me semble qu’il a une mission, dans un lieu appelé Jamir. Mais je ne sais pas grand chose d’autre.

- Ah…

Ils continuèrent leur chemin, gravissant les marches menant à la deuxième maison. En chemin, une petite question trotta dans la tête de Masha. Si il manquait le chevalier du Bélier, peut-être qu’il en manquait d’autres.

- Aiolia, manque-t-il d’autres chevaliers d’or ?

- Oui. Il en manque quatre. Mais tu le verra au fur et à mesure.

Masha hocha la tête, se préparant mentalement à l’entretien avec le prochain chevalier, celui du Taureau. La crainte qu’elle avait eu tout à l’heure ne faisait que s’amplifier, du fait qu’elle n’avait put se rassurer avec le premier chevalier d’or. La montée dura encore cinq minutes, cinq minutes épuisantes, du moins pour Masha. Lorsqu’ils furent entré dans la seconde maison, Aiolia cria :

- Aldébaran ? Tu pourrais venir s’il te plait ?

- Que me veux-tu Aiolia ? fit une voix forte sur le côté.

Masha tourna la tête pour voir le dénommé Aldébaran, et eu un sursaut en voyant le géant. Au début elle fut impressionné par la taille du chevalier, d’autant plus imposant dans son armure, mais elle se rassura en voyant sur son visage qu’il était gentil et aimable, du moins en apparence.


- Al, fit Aiolia en poussant la jeune fille devant lui, je te présente Masha.

- La jeune fille dont tu as tant parlé cette semaine ? Masha, c’est un plaisir de te rencontrer.

- Le plaisir est partagé, dit Masha avec un sourire pas très à l’aise, et c’est également un honneur pour moi.

A sa grande surprise, Aldébaran ria. Le visage de Masha vira au rouge de honte. Elle avait sûrement fait quelque chose qui fallait pas, et commença à se demander quoi quand l’imposant chevalier interrompit ses pensées.

- Écoute Masha. Je vois très bien que tu es mal à l’aise, mais rassure-toi, je ne vais pas te manger. Détends-toi !

La jeune fille fut surprise par ce que venait de dire le chevalier d’or. Elle ne s’y attendait pas. Malgré tout elle se sentit un peu plus à l’aise.

- Voilà qui est mieux, dit Aldébaran en sentant que Masha était un peu plus à l’aise. Il ne te manque plus qu’une petite chose : un sourire.

Masha ne comprit pas pourquoi le chevalier d’or avait dit ça, quand elle s’aperçut qu’elle n’avait pas sourit une seule fois depuis son entrée dans le temple du Taureau, sauf le sourire forcé d‘il y avait un instant. Elle esquissa un sourire, qui s’agrandit encore après un petit effort.

- Hé ben voilà, fit Aldébaran, souriant à son tour. C’est beaucoup mieux ainsi. Tu sais Masha, si les chevaliers d’or t’effraient, dis-toi que tu auras toujours Aiolia pour t’aider, et que moi aussi je serais là si jamais tu as un problème. D’accord ? Alors promets moi de sourire chaque fois que tu passeras ici. Je ne laisserais pas passer ma demeure à une aussi jolie jeune fille qui ne sourit pas !

Masha observa Aldébaran, stupéfaite par un tel discourt, avant de lui promettre ce qu’il venait de dire en riant. Maintenant, elle était vraiment rassurée, grâce à la gentillesse d’Aldébaran. Ses craintes s’étaient envolés. Aiolia discuta un peu avec le chevalier du Taureau, puis il dit à Masha qu’ils allaient continuer. Alors qu’elle montait les escaliers, elle trouva que ce fut plus facile que tout à l’heure, comme si ses craintes maintenant envolés l’avaient soulagés d’un poids. Elle prenait enfin plaisir à l’idée de rencontrer les chevaliers d’or, et n’avait plus peur de faire une bêtise. Lorsqu’ils entrèrent dans la maison des Gémeaux, elle eu l’impression qu’il n’y avait personne. Son impression fut confirmé par Aiolia qui lui dit que le chevalier des Gémeaux avait mystérieusement disparu il y avait de cela 12 ans. Puis vint la maison du Cancer. Avant même d’y entrer, Masha fut très mal à l’aise.

- Avant qu’on entre dans cette maison, dit Aiolia, je veux que tu ne regarde pas autour de toi. Gardes les yeux fermés s’il le faut.

La jeune femme observa le chevalier, ne comprenant pas où il voulait en venir.

- Pourquoi ?

- Je te le dirais tout à l’heure.

Apparemment, il ne voulait rien lui dire, aussi fit-elle ce qu’il demandait. Elle se mit derrière Aiolia, et se força à observer son dos, seul chose qu’elle pouvait voir sans regarder autour d’elle et sans fermer les yeux.

- Dis donc Aiolia, que fais-tu avec cette jeune fille derrière toi ?

- Masque de Mort, dit Aiolia avec un air qui montrait qu’il n’était pas spécialement content de voir celui qui portait le nom de « Masque de Mort ».

Masha trouva que ce nom avait une notation très cruelle pour un chevalier. Elle voulut voir le visage du 4eme chevalier du zodiaque, aussi tourna-t-elle la tête. Elle poussa un cri de terreur. Les murs étaient recouverts de visages de personnes triste. D’ailleurs, il n’y avait pas que les murs. Le plafond, et même le sol étaient tapissés de ces visages. Masque de Mort portait bien son nom. Recherchant un sentiment de sécurité, elle se serra contre Aiolia, sans réellement s’en rendre compte.

- Masque de Mort, dit Aiolia, avant que t’imagine quoi que ce soit, sache que Masha est une servante qui va entrer au service d’un chevalier d’or. Et retiens aussi que si jamais tu la touche ne serait-ce que d’un cheveu, tu ne vivra pas plus longtemps !

- Parce que tu crois sérieusement être plus fort que moi ? ricana le chevalier du Cancer.

Aiolia aurait voulu répondre par des arguments…frappants, mais Masha aurait sans doute été blessé si jamais il venait à se battre avec Masque de Mort. Aussi, plutôt que de perdre son temps avec lui, il entraîna la jeune fille qui gardait obstinément les yeux fermés vers la sortie, sous les menaces et les ricanements de Masque de Mort. Quand ils sortirent, Aiolia dit à Masha qu’elle pouvait à nouveau ouvrir les yeux.


- Mais quel horrible personne, dit Masha, frissonnant d’horreur. Qu’est-ce que c’était sur les murs de sa maison.

- Des visages, répondit Aiolia d’un air grave, les visages de ceux tombés sous ses coups. Tu comprends maintenant pourquoi je t’ai demandé de ne pas regarder autour de toi.

- Je comprends, fit la jeune fille, horrifié. Mais pourquoi personne ne lui règle sont compte ?

- Parce que c’est un chevalier d’or, bien que je ne comprenne pas pourquoi, et le Grand Pope nous interdit de nous battre entre nous, sauf si c’est pour s’entraîner. Et dans ce cas là, nous ne pouvons, bien entendus, nous battre à mort.

Masha ne dit plus un mot, faisant de grands efforts pour chasser ces images horrible de sa tête.

- Au fait Masha, dit Aiolia au bout de deux petites minutes, tu pourrais lâcher mon bras s’il te plait ? C’est plus pratique pour marcher.

La jeune fille le regarda, ne sachant pas de quoi il parlait, quand elle s’aperçut qu’elle n’avait pas lâcher le bras du chevalier du Lion depuis la sortie de la 4eme maison. Elle se détacha vivement, le visage commençant à virer au rouge par la gêne, ce qui fit rire Aiolia.

- Hé, ne fait pas cette tête là. Ce n’est pas grave, fit-il avec un grand sourire. Puis il leva la tête pour regarder la distance qui les séparait de la prochaine maison, et comme ils n’étaient plus très loin, il reprit : Masha, voilà ma maison, celle du Lion.

Masha observa l’édifice avec intérêt, et ce tout en continuant de gravir les marches, manquant ainsi plusieurs fois de tomber puisqu’elle ne regardait pas où elle mettait les pieds. Lorsqu’ils furent à l’intérieur, la jeune fille remarqua que Aiolia continuait sans même s’arrêter, aussi elle l’interpella :

- Aiolia, où-tu vas ?

- Ben à la prochaine maison pour te présenter au chevalier de la Vierge, puisque celui de cette maison, tu le connais depuis une semaine et qu’il te fait visiter les 12 maisons du Zodiaque en ce moment.

- D’accord, mais pourquoi ne pas déposer mes affaires ici ?

- Pardon ?

- Tu ne vas pas te trimballer mon sac tout le temps, alors que tu pourrais les laisser ici puisque je vais m’installer et travailler là.
Chapitre IV


Le chevalier du Lion observa Masha, à la fois surpris par une telle décision, mais tout de fois heureux.

- Tu es sûre ? demanda Aiolia. Tu veux vraiment travailler pour moi ?

- Oui, fit Masha en hochant de la tête. Tu es le seul chevalier que je connaisse. Certes j’apprendrais à connaître les autres, mais pour le moment je ne les connaît pas. De plus, tu m’as sauvé la vie non ?

- A vrai dire, ce serait plutôt moi qui ai faillit te tuer.

- Oui mais tu m’a quand même soigner, et sans toi, je serais morte. Bon, tu me fais visiter ta demeure ? Que je sache où se situe chaque pièce.

Aiolia sourit, puis s’exécuta. Il lui montra chaque recoin de la maison du Lion, et la jeune fille le suivait avec joie, découvrant ainsi l’immensité d’une maison du Zodiaque. Elle savait qu’elles étaient grande, mais de l’intérieur, elles le semblaient encore plus.

- J’aurais pas mal de boulot… se dit Masha. Il m’a sauvé mais il a décidé de me tuer à la tâche ? ajouta-t-elle en rigolant un peu.

- Qu’est-ce qui t’arrives ? demanda Aiolia en voyant la jeune fille rigoler sans aucune raison apparente.

- Rien, rien.

- Au fait, tu ne seras pas obligée de tout nettoyer à chaque fois. C’est trop grand.

- Ouf…

Puis il la conduisit dans la chambre qu’il avait réservé pour Masha, car il avait quand même bien espéré pendant un temps qu’elle viendrait à son service. En voyant la taille de la pièce, Masha fut un peu émerveillée. Jamais elle n’aurait cru avoir un jour une chambre de cette taille pour elle toute seule. Quelques meubles étaient déjà présents. La jeune fille les passa en revue. Elle sauta sur le lit afin de s’assurer du moelleux du matelas, inspecta l’armoire dans les moindres recoins, regarda avec intérêt la petite bibliothèque qu’il y avait en passant un regard rapide sur les titres de chaque livre. Elle observa également les magnifiques décorations, comme l’immense vitrail qui permettait l’entrée des rayons de l’astre solaire.

- Whoaw, Aiolia, jamais je n’aurais pensé avoir ce genre de merveilles dans ma chambre. Tu me gâtes, vraiment.

- Je suis heureux que ça te fasse plaisir. Je craignais que tu trouves tout ça trop superflu.

- Oh non, c’est super comme ça !

Elle s’approcha du vitrail, observant avec des yeux émerveillés le paysage qui s’offrait devant elle. Puis elle regarda le soleil, avant de se tourner vers Aiolia :

- Le soleil est au zénith, ce qui veut dire qu’il doit être midi. Tu n’as pas faim ?

- Un peu.

- Ok patron ! fit Masha avec enthousiasme. Je vais te faire goûter à ma spécialité, la cuisine.

- Je m’en lèche déjà les babines.

Masha se dirigea alors vers la cuisine, fit un rapide tri parmi tout ce qu’il y avait, puis commença son travail. Au bout d’à peu près une demi-heure, elle revint voir Aiolia, qui s’était installé dans la salle à manger. Elle lui déposa l’assiette sous le nez.

- J’espère que ça te plaira.

- D’après ce que j’ai entendu sur toi, je pense que j’aimerais.

- Tu t’es renseigné sur moi ?

- Je n’aurais jamais engagé une parfaite inconnue, et les autres non plus.

Masha eu une mine boudeuse, offusqué que le chevalier d’or se soit renseigné sur elle sans le lui avoir demandé, mais elle se calma très vite, et oublia presque aussi vite la raison de sa petite bouderie. Après avoir finit son repas, Aiolia dit à Masha, les mains sur son ventre :

- C’est le meilleur repas que j’ai jamais prit ! Tu es une excellente cuisinière Masha.

- Merci, dit la jeune fille avec sourire, tout en rougissant quelque peu du compliment.

Sur ce, elle débarrassa l’assiette, prit également un léger repas, et se remit sur les traces d’Aiolia, qui allait lui faire rencontrer les autres chevaliers d’or. En sortant, elle sentit qu’elle était mieux, qu’elle avait reprit quelques forces, la montée des escaliers étant une épreuve plutôt épuisante. Tandis qu’elle gravissait les marches, elle se demanda comment pouvait être le chevalier de la Vierge. On racontait que c’était le plus fort des chevaliers d’or, le plus proche de Dieu. Absorbée par une réflexion des plus intense, elle fit à peine attention au fait qu’elle était à l’intérieur du temple, et face au chevalier de la Vierge.

- Hé Masha, fit Aiolia sortant la jeune fille de ses pensées, reviens parmi nous.

- Hein ? Que ? Quoi ? Ah. Excuse moi.

- C’est pas grave. Masha, voici le chevalier d’or de la Vierge, Shaka.

La jeune fille regarda dans la direction indiqué par le regard d’Aiolia, pour voir un homme blond, magnifique, avec dans sa présence un air de divin. Ce qu’elle ne comprit pas, c’est qu’il avait les yeux fermés.

- Bonjour jeune fille, dit Shaka. C’est un plaisir de vous rencontrer.

- Le plaisir est partagé, dit Masha en retour.

- J’ose espérer que votre présence saura calmer les ardeurs de notre Lion, parfois un peu trop rebelle, reprit le chevalier de la Vierge avec un sourire.

- Ha ha ha, fit Aiolia d‘un rire jaune. Bon tu viens Masha, on a encore pas mal de monde à voir.

La jeune fille rigola, comprenant que si Aiolia ne voulait pas s’attarder, c’était pour éviter une autre réflexion comme celle-ci. Elle dit au revoir au chevalier de la Vierge puis suivit Aiolia, et entama, une fois encore, la montée des marches. Ils passèrent la maison de la Balance très vite, puisque le chevalier d’or n’était pas là. Mission aussi apparemment. Masha avait hâte de voir le chevalier du Scorpion, celui de son signe. Elle voulait avancer devant Aiolia, mais cette marche plus qu’épuisante lui avait retiré ses forces qui auraient put lui permettre ça. Elle commençait à être sérieusement fatiguée, et ses jambes lui faisaient mal. Préférant oublier ceci pendant un temps, elle se concentra sur la vue magnifique qu’elle pouvait avoir de là. Elle put constater que le Sanctuaire était beaucoup plus grand que ce qu’elle avait imaginé. Ce qu’elle avait put voir à partir de la fenêtre de sa nouvelle chambre n’était rien en comparaison. Elle imagina tout ce qu’on pouvait voir à partir de la salle du Grand Pope.

- Veinard… pensa-t-elle.

Tandis que sa contemplation revenait sur son entourage proche, son regard fut attiré par une magnifique fleur poussant juste à côté d‘une colonne, et qui semblait peiné à survivre entre les rochers. Elle reconnut cette fleur comme étant une tulipe frangée d‘un rouge vif, mais la tige était parsemé d’épines. Plutôt étonnant pour une tulipe. Masha vit alors que du lierre poussait à côté, semblant entourer et protéger la frêle fleur. Bien qu’elle ne connaissait pas cette espèce de plante, elle eu toutefois l’impression de l’avoir déjà vu. Désirant cueillir la plante, elle s’agenouilla et tendit la main. Lorsqu’elle arracha la fleur, son mouvement fut trop brusque et elle se coupa avec l’une des épines. Une goutte de sang perla, que Masha observa avec une légère surprise.


- Ces épines sont très coupantes. Bah, c’est pas grave, ça m’apprendra à faire plus attention et à être moins brusque.

La goutte de sang tomba au sol sur les rochers. Elle porta la fleur à son nez, et en sentit l’exquis parfum. A ce moment là, plus rien n’existait autour d’elle, le monde n’était plus là, il avait disparu. Masha fut comme emporté par cette odeur, qu’elle eu l’impression de connaître. Elle se sentait bien, comme si elle était à nouveau chez elle, dans la maison de ses parents, aujourd’hui morts d’une maladie. Alors qu’elle pensait à eux, elle cru voir leurs silhouettes, image flou parmi une brume des plus irréelle. Mais, comme un brutal retour à la réalité, elle sentit la main d’Aiolia sur son épaule, ce qui la fit sursauter, et tout ce qu’elle voyait ou ressentait disparus.

- Ca va Masha ? s‘enquit-il, une pointe d’inquiétude dans sa voix.

- Oui, je vais bien, répondit la jeune fille en souriant. Ne t’en fais pas pour moi.

- Ah. Tu avais l’air bizarre.

- C’est rien, j’ai juste repensé à mon enfance. Ca m’a rendu nostalgique.

- D’accord, fit le chevalier. Tu veux qu’on rentre pour mettre ta fleur dans un vase ? demanda-t-il en voyant la plante que tenait Masha dans ses mains. On ira voir les autres plus tard.

- Oui je veux bien. Elle est tellement belle.

Aiolia fut d’accord avec elle, mais il trouvait que cette beauté semblait mystérieuse et inquiétante, presque dangereuse.

- Je vois pas pourquoi je pense ça, se dit-il. Après tout ce n’est qu’une plante. Qu’est-ce qu’elle pourrait bien faire, à part deux ou trois entailles à cause des épines si on est maladroit ?

Alors que Masha posa son pieds sur la marche inférieure pour descendre, un brusque mal de tête la prit. Elle grimaça, et posa une main sur sa tempe.

- Qu’est-ce qui t’arrive ? fit Aiolia, quelque peu inquiet par le comportement de la jeune fille.

- J’ai mal à la tête. Ca doit être à cause du soleil. J’ai pas l’habitude de monter ces marches, moi, dit-elle en essayant de sourire, sans réel succès. Mais c’est pas grave, tu n’as pas à t’en faire.

Voulant prouver à Aiolia que ce n’était rien d’affolant, elle voulut continuer de descendre, mais ses jambes se dérobèrent sous son poids. Le chevalier d’or la rattrapa, l’empêcher de tomber.

- Masha !

Il n’obtint pas de réponse, la jeune fille venant de sombrer dans les ténèbres de l’inconscience.
Chapitre V



Une petite flamme brûlant vivement comme agitée par un démon, une goutte d’eau qui tombe dans une flaque que rien ne semble ridée, le vent qui souffle avec la puissance d‘un dragon, la terre qui bouge avec grâce comme si elle est vivante. Masha regarde ces éléments se mouvoir, comme dictés par une conscience à la fois douce et en colère. La colère se reflétant dans le feu et le vent, la douceur dans l’eau et la terre. Assise sur une immense étendue d’herbe, elle ne bouge pas, comme elle si attend quelque chose. Sur cette prairie, il n’y a rien. Pas une fleur, pas un animal. Même les oiseaux se taisent. Elle entend alors comme un murmure, qu’elle ne parvient pas à comprendre. Elle reconnaît toutefois la voix mélodieuse d’une femme, qu’elle peut deviner belle et terrible, douce mais le cœur dévoré par la colère. Et ce sentiment l’a gagne, petit à petit. Elle a envie de tuer tout le monde sur cette planète, toute vie dans l’univers. L’énervement ressentit au tout début se change en véritable colère, la colère en haine, la haine en rage…Et la flamme, qui jusque là était restée minuscule, comment attendant que le temps finisse un jour par l’éteindre, s’embrasse subitement pour devenir gigantesque.


Masha se redressa brusquement de son lit, l’air perdu, les idées pas très claires. Quel étrange rêve elle venait de faire. Il avait l’air tellement réaliste qu’elle ne savait quoi en penser, et surtout ce que cela voulait dire.

- Bah, réaliste ou pas, ce n’est qu’un rêve. Inutile d’y penser plus longtemps.

Elle regarda autour d’elle, mais ne reconnut pas l’endroit où elle était. Tout d’abord paniquée par ce fait, elle se rassura petit à petit. En fait, elle avait tout simplement oublié ce qui s’était passé avant. Cela lui revenait par images successives floues et confuses, mais de plus en plus ordonnées et nettes.

Elle sortie de son lit, mit ses sandales, arrangea un peu sa robe ainsi que sa coiffure, puis sortie de sa chambre dans la maison du Lion. Elle chercha Aiolia partout dans la demeure, mais ne le trouva pas.


- Il a sans doute profité de mon sommeil pour allé faire un tour.

Elle sortit du temple, profitant un peu de l’air frais, puis observa la position du soleil. Elle ne sut tout de suite si c’était le matin ou le soir, mais en réfléchissant bien, elle put dire que c‘était le soir.

- Bon, puisque Aiolia n’est pas là, je vais en profiter pour lui préparer un bon dîner.

Elle se rendit à la cuisine, et après une inspection minutieuse des réserves qu’il y avait, elle put faire deux constats. Le premier était qu’elle ne pourrait pas faire grand-chose, le second qu’elle devrait dès le lendemain faire quelques courses !

- Le repas de ce soir sera un simple rôti de bœuf. Il n’a vraiment rien d’autre ! Aiolia devrait penser à faire le plein de temps en temps ! Bon, où est le bois ?

Elle chercha pendant deux petites minutes, puis trouva ce qu’elle voulait dans un placard. Elle disposa les morceaux de bois sous une marmite, puis essaya de l’allumer avec les deux silex posés à côtés. Bien qu’elle y mettait pas mal de force, le feu ne prenait pas. Sans doute le bois était un peu trop humide. Au bout d’un moment, elle commença à s énerver.

- Bon, tu va prendre ? Je commence à en avoir marre, là. Tu va t’allumer oui ?!

Sur ces mots, quelques petites flammes s’allumèrent, embrassant le bois, à la grande stupéfaction de Masha. Mais elle ne laissa pas sa surprise la gagner trop longtemps et s’empressa d’éviter que le feu ne s’éteigne. Quand elle fut certaine que c’était bon, elle se retourna, pour se retrouver nez à nez avec Aiolia.

- Haa ! cria Masha. Tu m’a fais peur !

- Désolé, dit le chevalier du Lion. Tu vas mieux ?

- Oui, oui, ne t’en fais pas. Je vais très bien. Je crois même que je ne me suis jamais sentit aussi bien.

- D’accord. Je suis rassuré. Il n’empêche que je n’ai pas très envie de te voir travailler ce soir. Retourne dormir.

- Mais … tenta de protester la jeune fille, très vite coupé par Aiolia.

- S’il te plait Masha. Je ne veux pas prendre de risque.

- Bon d’accord…

Elle retourna à sa chambre en traînant un peu les pieds. Le reste de la soirée fut d’un ennui mortel pour Masha. Mais, enfin, Aiolia se décida finalement à la voir, lui apportant par la même occasion son dîner. La jeune fille eu presque l’impression de revivre la première fois qu’il s’étaient rencontrés, tellement les gestes et l’attitude du chevalier semblaient quasi identiques. Il apporta le repas sur un plateau, qu’il posa sur les genoux de Masha.

- Régale-toi, lui dit-il en souriant.

Masha regarda le plateau, et remarqua qu’il y avait exactement ou presque ce qu’elle avait eu l’intention de faire si Aiolia ne lui avait pas dit de se reposer. Elle commença à manger, avant de discuter avec le chevalier, histoire qu’il reste un peu avec elle.

- Est-ce que tu sais ce qui s’est passé cet après-midi ? lui demanda-t-elle.

- Pas vraiment. A vrai dire, j’avais espéré que tu me le dise. Tout ce que je sais, c’est que tu as commencé à te sentir mal après avoir touché cette fleur.

- Oui c’est vrai. Je me suis coupée avec l’une des épines. Je n’y ai pas prêtée attention. Peut-être qu’elles contenaient un poison.

- Peut-être. Mais il me semble que tu as également respiré le parfum.

Masha arrêta son geste, se remémorant la délicieuse odeur qu’elle avait put sentir. Puis elle se rappela alors ce qui c’était passé juste après, avant qu’Aiolia ne la ramène à la réalité.

- C’était étrange, commença-t-elle à raconter. Lorsque j’ai respiré ce parfum, je me suis sentis bizarre, un peu comme si mon corps ne m’appartenait plus, que mon âme était partie faire un tour. J’ai même cru revoir mes parents. Sans doute une image tout droit sortie de mon passé.

- Cette fleur produit un effet incompréhensible sur toi, dit Aiolia, plus pour lui-même. Au fait, après t’avoir ramené ici et mettre assuré que tu ne risquais rien, je suis allé voir un botaniste. Je lui ai montré la plante, et il m’a dit qu’il n’avait jamais rien vu de pareil. Il m’a même demandé si cette fleur avait bien été trouvé ici, car il connaît les fleurs de la région par cœur, mais il n’a jamais vu celle là.

- Ah bon ? fit Masha, très intriguée par cette nouvelle. Pourtant, j’ai l’impression de l’avoir déjà vu cette plante, mais où ? Je n’arrive pas à m’en rappeler.

- Ce n’est pas grave. Pour le moment, tu finis ton repas et tu dors, dit Aiolia sur un ton à moitié autoritaire.

Bien que Masha ai eu envie de répliquer, elle ne le fit pas, comprenant que le chevalier s’inquiétait juste pour elle. Elle lui dit qu’elle allait quand même prendre un bain froid, tellement elle trouvait qu’il faisait très chaud. Le chevalier d’or fut pas mal surpris car il faisait assez frais ce soir là, mais puisque la jeune fille avait chaud, il ne pouvait le lui interdire. De plus, cela lui ferait sûrement du bien. Et puis, il avait la petite idée que même si il refusait, elle n’en ferait quand même qu’à sa tête. Il sortit de la chambre lorsque Masha eu terminé son repas, et laissa la jeune fille seule, qui se dirigea alors vers la salle de bain. Elle put constater que le luxe était de mise ici. La pièce était carrelée d’un somptueux carrelage beige, et des motifs en or ornaient certains. Il y avait également une baignoire en marbre rose, avec un immense miroir.


- Les architectes qui ont construit les maisons du zodiaques devaient vraiment craindre et respecter les chevalier d’or pour leur donner un tel luxe, se dit-elle en souriant. Mais après tout, ils ont eu bien raison, et tant mieux pour moi !

Elle se dirigea vers le miroir, et vérifia l’état de sa coiffure, qui avait sûrement été dérangé avec tout ce qui s‘était passé. Masha était une jeune fille assez coquette, et qui, malgré le peu de chose qu’elle avait, réussissait toujours à se mettre en valeur, notamment grâce à ses cheveux dorés, choses dont elle était le plus fière. Apparemment, ça pouvait aller. Elle commença à remplir la baignoire, puis retira sa robe et fit un chignon pour éviter que sa chevelure ne prenne l’eau. C’est alors qu’elle baissait la tête pour faire ce chignon, qu’elle remarqua sur son ventre, une chose qu’elle n’avait jamais vu auparavant. Elle se dirigea vers le miroir pour vérifier si elle avait bien vu, et sa stupéfaction atteignit des sommets.

- Mais… Qu’est-ce que c’est que ça ?

En effet, sur son ventre, elle avait une sorte de tatouage représentant l’espèce de tulipe qui l’avait apparemment fait sombrer dans l’inconscience. Ce tatouage, d’écrivant un cercle parfait, faisait le tour de son nombril. Elle ne comprenait plus rien.

- Soit je deviens folle, soit j’ai des hallucinations !

Se disant qu’il serait mieux pour elle qu’elle se détende un peu pour mettre ses idées au clair, elle regagna la baignoire, et s’allongea dans l’eau fraîche qui lui fit le plus grand des biens. Malgré tous ses efforts, elle ne put chasser l’image de ce tatouage, et ne put s’empêcher de le regarder de temps à autres, se grondant elle-même lorsqu’elle succombait à la tentation. Mais, au bout d’un moment, elle sentit la fatigue la gagner, et elle ne put que sombrer dans les bras du dieu du Sommeil.

 

Chapitre VI



Une goutte d’eau qui tombe dans une flaque que rien ne semble ridée, le vent qui souffle avec la puissance d‘un dragon, la terre qui bouge avec grâce comme si elle est vivante. Masha regarde ces éléments se mouvoir, comme dictés par une conscience à la fois douce et en colère. La colère se reflétant dans le vent, la douceur dans l’eau et la terre. Assise sur une immense étendue d’herbe, elle ne bouge pas, comme elle si attendait quelque chose. Sur cette prairie, il n’y a rien. Pas une fleur, pas un animal. Même les oiseaux se taisent.
Elle a conscience de faire exactement le même rêve, à la différence que le feu ne semble pas se manifester, sauf au loin, où elle a l’impression que l’horizon s’embrasse dans un gigantesque incendie. Le murmure si fit alors entendre, mais cette fois, elle peut en discerner quelques mots :

Enfant…éléments…aide… détruire…

Elle peut même voir la femme qui lui parle, ou du moins elle put en deviner les contours. Elle se tient debout, et des fleurs semble pousser à ses pieds. Masha se relève et essaye de voir de plus près cette mystérieuse femme, désirant comprendre ce qu’elle lui veut. Mais, alors qu’elle s’apprête à faire un pas, une immense vague déferla et engloutit tout sur son passage.



Masha ouvrit les yeux brusquement, et s’aperçut avec horreur qu ’elle se trouvait sous l’eau. Elle se releva subitement, essayant de reprendre son souffle, perdu après la peur qu’elle avait eu.

- Lorsque je me suis endormie, j’ai sûrement glissé. Une chance que je me sois réveillé.

Elle finit par se calmer, et surtout son coeur reprit un rythme normal. Elle avait vraiment eu un moment de panique. Ses pensées se dirigèrent alors vers cet étrange rêve qu’elle avait à nouveau fait. Signifiait-il vraiment quelque chose pour qu’elle le fasse à nouveau ? Elle l’ignorait, mais elle comprit que ce rêve semblait évoluer d’une certaine manière. Elle repensa à la femme qu’elle avait vu.

- Quelle mystérieuse personne. Je me demande ce qu’elle me voulait. Bien que je n’ai pas compris grand-chose à son murmure, sa voix avait l’air tellement triste. J’aimerais bien la revoir.

Dans son esprit, elle visualisa l’image qu’elle avait eu dans son rêve. Une image flou et brumeuse, ce n’était pas grand-chose. Mais elle avait vraiment envie de voir à quoi ressemblait cette femme. Concentrer sur ça, elle ne fit pas attention à un petit bruit, semblable à de l’eau s’écoulant sur des rochers, mais il finit par attirer son attention. Lorsqu’elle vit ce qui produisait ce bruit, elle eu un sursaut de frayeur. En effet, à la surface de l’eau de la baignoire, l’eau bougeait seule, dessinant ainsi l’image d’une jeune femme, celle du rêve de Masha. Cette dernière se ressaisit, et par curiosité, s’approcha de cette sorte de sculpture aqueuse intrigante. Celle-ci ne faisait que refléter l’image de la jeune femme de son rêve, elle en était certaine. Ni plus ni moins précise. Une copie parfaite. Masha essaya de mettre la forme dans ses mains, mais à peine eut-elle touché l’eau de son doigt que l’eau formant l’étrange sculpture s’effondra, retombant ainsi sous sa forme originelle.

- Alors là je comprend plus rien, se dit Masha, étonnée par ce qu’elle venait de vivre. Qu’est-ce que s’était que ça ?… Houlà ! C’est trop pour moi !

Elle sortit de son bain rafraîchissant, et attrapa une serviette qu’elle enroula autour de son corps. Puis elle se dirigea vers le miroir, pour constater les dégâts. Son séjour sous l’eau avait entièrement trempés ses cheveux, qui étaient maintenant complètement collés à son visage et presque entièrement lisse. Elle adorait les boucles qu’elle avait, et il lui faudrait un moment avant que cela revienne.

- C’est pour ça que je n’aime pas trop me laver les cheveux. A chaque fois c’est la même chose ! Bon, j’ai plus qu’à attendre que ça sèche, conclut-elle avec désespoir.

Elle prit ses cheveux et les essora en les tortillant. Mais elle s’arrêta subitement. Pas une goutte d’eau ne tombait, et sa chevelure séchait à vue d’œil. En moins d’une minute, c’était sec. Et il n’y avait pas que ses cheveux, puisqu’elle était entièrement sèche.

- M…Mais c’est quoi ce délire ? On peut pas sécher aussi vite ! D’abord cette étrange apparition qu’à formée l’eau, et maintenant ça ! Mais qu’est-ce qui se passe chez moi ? Est-ce que…

Elle eu soudain une idée. L’image de la femme était apparut alors qu’elle souhaitait la revoir, et maintenant elle séchait rapidement et c’était ce qu’elle voulait. Afin de vérifier son idée, elle se rapprocha de la baignoire encore rempli. Se concentrant, elle désira voir l’ensemble des temples du zodiaque. A peine avait-elle fait cela que l’eau se mit à bouillonner, puis prit la forme des douze maisons dans leur intégralité. Cela lui montrait même toutes les personnes qui se déplaçaient dans les escaliers !

- Ok, maintenant c’est clair. J’arrive à contrôler l’eau. Mais comment est-ce possible ?

Elle réfléchit à ça, quand son rêve lui revint en tête. Juste avant, l’élément liquide s’était manifesté avec violence dans son rêve. Tout cela était-il lié ? Elle se rappela alors que c’était la deuxième fois qu’elle faisait ce rêve. La première fois, elle se rappelait qu’une flamme s’était embrassé soudainement, un peu à la manière de la vague. Cela voudrait dire qu’elle contrôlait également le feu ? Mais elle n’avait pas de preuve, et préférait ne pas essayer pour éviter de brûler quelque chose. Mais, en y repensant bien, elle avait quand même eu une preuve de son contrôle sur le feu. Lorsqu’elle essayait d’allumer un feu pour préparer le repas, il n’y était pas arrivé, elle s’était énervé, souhaitant vivement que ça s’allume, et c’est à ce moment là qu’une flamme avait jaillit.
Masha s’assit par terre. C’était trop pour elle, elle ne comprenait pas pourquoi tout cela lui arrivait. Elle eu maintenant peur d’elle-même, de ce qu’elle était capable de faire. Elle était également terrorisée à l’idée de s’endormir, par crainte de faire un nouveau rêve. Elle se prit la tête dans ses mains, et quelques larmes commencèrent à perler au coin de ses yeux.


- Pourquoi ? Pourquoi est-ce que cela arrive à moi ? Qu’est-ce qui m’arrive ? Je ne veux pas que cela continue, je ne veux pas qu’on me prenne pour un monstre. Je veux que ça s’arrête !

Alors qu’elle pensait ça, un bruit attira son attention et lui fit relever la tête. Ce qu’elle vit l’étonna. En effet, la matérialisation des douze maison du zodiaque qu’avait prit l’eau, et qui jusque là s’était maintenue, venait de s’effondrer. La jeune fille se rapprocha avec lenteur. En regardant la surface de l’eau, elle comme l’impression que tout ce qu’elle avait vu n’était qu’une illusion. Bien que n’en ayant pas spécialement envie, elle se concentra pour que l’eau prenne la forme de ce qu’elle avait en tête, mais il ne se passa rien. Surprise, et ne préférant ne pas se faire une fausse joie, elle retenta son expérience. Cinq fois elle voulut que l’eau bouge, cinq fois rien ne s’était passé.

- C…Ça veut dire que j’ai perdu mon contrôle sur l’eau rien parce que je le voulait ?

Un grand soulagement s’empara de la jeune fille, un peu comme si elle venait de sortir d’un cauchemar. Son côté pessimiste lui disait que cela risquait de ne pas durer, que c’était trop beau et trop rapide, mais elle fit taire cette mauvaise petite voix, préférant écouter l’autre qui lui disait qu’elle était définitivement débarrassée de ça. Maintenant toute joyeuse, elle se changea rapidement et partit se coucher. Bien qu’au moment où elle entra dans son lit, la crainte de refaire le rêve la gagna, elle chassa ce sentiment pour savourer pleinement une bonne nuit de sommeil.

 

Chapitre VII



Le réveil fut des plus tranquille pour Masha. Ouvrant les yeux, elle put voir que le jour venait à peine de se lever. Elle s’étira longuement, et sortit de son lit. Une nouvelle journée commençait, et Masha comptait bien en profiter au maximum. Elle était toute joyeuse, car elle n’avait pas rêvé cette nuit, et son contrôle sur l’eau et le feu semblait avoir disparu. Durant toute la matinée, elle s’afféra à faire son travail avec gaîté. Aiolia lui avait même demandé de ne pas en faire trop, mais la jeune fille le rassura en lui disant qu’elle allait à merveille. Bien que pas vraiment convaincu, il laissa faire Masha. Après tout, elle était assez grande pour savoir se gérer.
Vers midi, Masha se rappela soudainement qu’elle devait aller faire des courses. Elle risquait d’en avoir pour un moment, donc elle prépara le déjeuner avec ce qu’elle put, et après avoir elle aussi prit un morceau, descendit les marches pour se rendre au marché, non sans avoir emporté un panier. Mais lorsqu’elle arriva près de la 4eme maison, elle stoppa net. Elle n’osait pas traverser seule cette maison.


- Bon, reprends-toi Masha, pensa-t-elle. Ce n’est pas cette petite traversée de rien du tout qui va t’effrayer.

A vrai dire, elle avait beau se convaincre du contraire, elle était terrorisé à l’idée de revoir tous ces visages de souffrances, ainsi que de tomber sur le gardien de la maison, Masque de Mort. Mais il fallait qu’elle passe cette maison. Elle vérifia le maintient de ses chaussures, retroussa un peu le bas de sa robe, prit une grande inspiration et courut aussi vite qu’elle le pouvait, fermant les yeux et priant pour ne pas se prendre une colonne ou un mur. Lorsqu’elle eu l’impression de ne plus être dans la maison, elle ouvrit les yeux et s’arrêta. Effectivement, elle était sortit, et s’était arrêter pile avant la descente des escaliers. Si elle avait continuer sa course éperdue une seconde de plus, elle aurait sûrement fait une chute dans les escaliers, et aurait put se briser quelque chose. Poussant un soupir de soulagement, elle continua sa descente.
Lorsqu’elle passa la maison du Taureau, elle dit bonjour à Aldébaran, bien qu’un peu vite pour ne pas perdre trop de temps. Alors qu’elle fut au pieds des douze maison du zodiaque, un problème s’imposa à elle. En effet, elle ne connaissait pas le chemin à partir de cet endroit. Elle était entrain de réfléchir à ça, quand elle aperçut un garde. Ni une, ni deux, elle se précipita vers lui pour lui demander son chemin. Le garde, très gentiment lui indiqua la route, que Masha s’empressa de prendre après avoir remercier l’homme.
Lorsqu’elle arriva, la première chose qu’elle vit fut une certaines personne, qu’elle alla rejoindre en courant, mais aussi en criant pour attirer son attention. :


- Crisis !

La jeune fille se retourna en entendant son nom, et un sourire empreint de surprise illumina son visage.

- Masha ?! Quelle surprise ! Je ne m’attendais pas à te voir.

- Moi non plus je ne pensais pas te trouver là. Tu viens également faire des emplettes ?

- En effet. Les réserves commençaient à diminuer, alors je suis venue faire quelques courses. Mais au fait, raconte-moi tout ce qui t’es arrivé hier. Je veux tout savoir.

Masha rigola un peu, avant de raconter sa journée en souriant. Crisis fut assez étonnée du nouvel emploi de son amie, mais aussi très heureuse pour elle, l’une des plus grande fan des chevaliers d’or. Par contre, Masha évita soigneusement les passages où elle pensait contrôler l’eau, d’une part parce qu’elle avait elle-même du mal à y croire et que Crisis risquait de la prendre pour folle, d’autre part parce qu’elle préférait garder ça pour elle seule. Instinctivement, elle gardait ce secret.
Masha passa le plus clair de l’après-midi avec Crisis, s’arrêtant seulement de temps en temps pour faire les courses. Mais malheureusement toutes les bonnes choses on une fin, et Crisis devait repartir pour tout ramener. Après que son amie soit partit, Masha continua de flâner un peu, observant parfois les gens qui passait. Sans vraiment s’en rendre compte, elle marchait droit vers un lieu qu’elle ne souhaitait plus revoir, un peu en retrait du village. A un moment, elle aperçut un arbre, qui lui rappela des souvenirs. Elle regarda autour d’elle, et lorsqu’elle vit où elle était, elle ne put retenir un pincement dans sa gorge.


- Oh non, pourquoi a-t-il fallu que j’arrive ici ?

En effet, elle se tenait devant une petite maison délabrée, le temps ne l’ayant pas épargné. Cette maison semblait abandonné depuis quelques années. En fait, elle était abandonné depuis la mort des parents de Masha. Car elle se tenait devant son ancienne maison. Tout d’abord hésitante, elle décida finalement d’y entrer. Seule l’épaisse couche de poussière et les quelques autres dégradations de temps témoignaient que personne n’était entré ici, car tout était exactement comme dans son souvenir… des années d’abandon après.
Elle revisita cette habitation qu’elle avait enfouie au plus profond de sa mémoire, certains souvenirs resurgissant de temps à autre lorsqu’elle posait son regard sur tel ou tel endroit. Tellement de bonheur oublié, tant de rires perdus, emporté par la maladie qui avait tué ses parents. Elle se rappela alors son désarroi lorsqu’elle comprit la triste vérité, qu’elle ne reverrai plus jamais ses parents qu’elle aimait tant. La seule solution qu’elle avait trouvé pour survivre se fut d’être engagée comme servante. La patronne, bien que tout d’abord réticente à prendre une fillette de douze ans, accepta finalement, mais n’avait jamais reconnu qu’elle avait fait ça par pitié, le désarroi de la jeune fille l’ayant touché. A partir de là, sa vie fut assez monotone, tout les jours les mêmes gestes ou presque. Et maintenant, après trois années à servir les apprentis, Masha se retrouvait au service d’un chevalier d’or, cassant cette monotonie avec assez de dureté. Bien qu’elle l’avait souvent souhaité, elle s’y faisait avec un peu de mal, mais la gentillesse d’Aiolia l’aidait grandement.
Un bruit attira son attention. Sortant de ses pensée, elle se dirigea vers ce qui lui semblait l’origine de ce bruit. A sa grande surprise, cela la dirigea vers on ancienne chambre. Poussant la porte délabrée et en partie rongée, elle rentra dans cette pièce. Ce qu’elle vit la terrifia. Sur le sol, la végétation était luxuriante, trop pour être le fait de la nature elle seule, et sur les murs de sa chambre, il y avait des symboles, quatre pour être précis. Elle connaissait leur signification, car elle les avait appris il y a longtemps. Ces quatre symbole représentaient les quatre éléments : l’eau, la terre, le feu et l’air. Son regard s’arrêta sur deux d’entre eux, à savoir l’eau et le feu. Ne désirant pas rester là une seconde de plus, elle sortit en courant de la maison en ruine pour retourner à la Maison du Lion.

 

Chapitre VIII


Aiolia arpentait tranquillement sa demeure, appréciant la fraîcheur matinal qui y régnait. Il s’arrêta à un moment face à une fenêtre afin de pouvoir contempler le soleil se levant. Tout était tranquille depuis l’arrivée de Masha, qui remontait maintenant à une semaine déjà. Mais, bien que tranquille, cette semaine passé ne fut pas sans lui causer d’inquiétude. Pour une raison qui lui échappait, la jeune fille refusait catégoriquement de sortir de la demeure. Elle semblait étrange, bien qu’elle essayait de laisser voir que tout allait très bien.
Il aperçut à ce moment un mouvement derrière lui. Se retournant, il vit Masha, qui apparemment venait d’avoir quelques problèmes pour sortir du lit à la vue de la tête qu’elle faisait, ce qui ne manqua pas de faire sourire le chevalier d’or.


- C’est pas gentil de te moquer de moi dès le matin, dit Masha avec un petit rire, ayant comprit pourquoi Aiolia souriait avec un petit air moqueur.

- Je ne me moque pas, répliqua Aiolia. Je rigole, c’est pas pareil !

- Si, pour moi c’est la même chose !

- Hé ben pas pour moi.

Masha leva les yeux au ciel. Elle n’était pas vraiment d’humeur a répliquer longtemps, aussi se dirigea-t-elle vers la cuisine afin de préparer le petit-déjeuner. Alors qu’elle s’attelait à sa tâche, Aiolia vint la voir, s’asseyant sur une chaise avec un air assez sérieux.

- Écoutes Masha. J’aimerais vraiment que tu me dises pourquoi tu ne sors plus de la Maison de Lion depuis un peu moins d’une semaine.

- Je n’ai pas envie de sortir, c’est tout, répondit la jeune fille après avoir réfléchi un instant à sa réponse.

- Il s’est passé quelque chose au point que tu ne veuilles plus quitter cet endroit sombre et lugubre ? Sors au moins histoire de prendre le soleil ! Allé, ouste ! File profiter du soleil matinal !

- Mais…

- C’est un ordre, coupa calmement Aiolia. Et ne t’en fais pas pour ta cuisine, je veillerais dessus et je t’appelle si ça crame trop, compléta le chevalier avec un grand sourire.

Masha, finalement convaincue, se dirigea vers la sortie de la demeure. Elle monta quelques marches qui menait à la maison de la Vierge, puis s’assit, laissant les rayons de l’astre du jour lui caresser la peau, ne pensant à rien d’autre qu’à cette chaleur, qui était douce, rassurante, calmante.

- Aiolia a raison. Cela ne me servira à rien de rester cloîtrer dans sa demeure, si ce n’est à fuir ma peur. D’ailleurs, cette peur n’est pas raisonnable. Je devrais savoir y faire face… mais je n’y arrive pas !

Masha poussa un soupir empreint de désespoir. Non, elle n’arrivait vraiment pas à surmonter cette peur qu’elle avait depuis une semaine. Elle avait essayé de faire face, mais le courage lui manquait. Elle était terrorisée à chaque fois, et cette image lui montrant sa chambre ainsi transformée la hantait. Des bruits de pas se firent entendre, aussi se retourna-t-elle afin de voir qui était la personne qui descendait les marches. Avant qu’elle ne puisse voir, cette personne dit, avec une voix masculine :

- Que fait donc une si jolie jeune fille assise sur ces marches avec cet air si triste et apeuré ?

Masha, tout d’abord surprise par cette question, dévisagea le jeune homme avant de répondre un peu sèchement.

- Mes problèmes personnels ne regardent que moi, et donc ne vous concernent pas. Je devine que vous allez me dire « Mais je peux tout de même essayer de vous aider », et ben la réponse est non, car vous ne le pourrez pas, et je n’ai pas envie de raconter ma vie à n’importe qui.

Le jeune homme observa un instant Masha, étonné par cette réponse, avant d’exploser de rire, ce qui déconcerta un peu la servante. Se calmant un petit peu, l’homme vint s’asseoir à côté de Masha.

- Vous avez pas mal de cran, ce que j’apprécie beaucoup. Mais dîtes-moi, je ne vous jamais vu par ici auparavant. Vous devez être Masha, la nouvelle servante du chevalier d’or du Lion.

- En effet. Et puis-je savoir à qui ai-je l’honneur ?

- Milo, chevalier d’or du Scorpion, gardien de la 8eme maison du zodiaque.

En entendant cela, les yeux de Masha s’agrandirent comme des soucoupes, et elle eu soudainement une respiration difficile. Ce n’était pas tellement le fait qu’elle rencontre un chevalier d’or, et celui de son signe qui plus est, mais elle se demandait si le chevalier allait lui faire payer son insolence avec la réponse qu’elle avait presque cracher il y a un instant. Apparemment celui-ci le remarqua et devina l’origine de sa soudaine pâleur. Il lui dit d’une voix rassurante :

- Si vous vous inquiétiez du ton de votre réponse, sachez que ce n’est pas grave. De plus, je ne saurais en vouloir à une aussi charmante jeune fille.

Masha poussa un soupir de soulagement, rassurée. Elle remercia sa bonne étoile de ne pas l’avoir fait tombée sur un chevalier d’or dans le style du Cancer.

- Tiens donc, que viens-tu faire ici Milo ? fit la voix d’Aiolia, qui s’avançait vers Masha et le chevalier du Scorpion.

- J’étais entrain de descendre quand je suis tombée sur ta ravissante servante. On discutait un peu. Est-ce un crime ? demanda Milo avec un brin d’énervement.

- Non, mais je n’ai pas envie de te voir discuter avec elle. Masha, écartes-toi de lui s’il te plait.

- Pourquoi ? demanda la jeune fille, vraiment surprise par ce comportement.

- Parce que.

- Vive la réponse, fit Milo. Faudrait que tu trouves de meilleure argumentation.

- Je ne t’ai rien demandé. Si je n’ai pas envie de te voir avec Masha…

- J’aimerais qu’on m’explique ! coupa Masha en criant, surprenant quelques peu les deux chevaliers.

- Je t‘expliquerais ça plus tard, dit Aiolia. Et j’aimerais que tu aille faire quelques courses.

- Ah non ! Hors de question que je retourne au village !

Sa réponse étonna encore un peu plus les deux hommes, qui en oublièrent complètement les raisons de leur rancœur.

- Pourquoi donc ? s’enquit Aiolia.

- Je… Je n’ai pas envie d’y retourner, c’est tout.

Étrangement, elle avait l’air terrifié à la simple idée de retourner au village. Voyant cela, Milo se leva et entraîna Aiolia un peu à l’écart afin de lui parler sans que la jeune fille puisse entendre.

- Écoutes Aiolia. Je sais que ça ne risque pas de te faire plaisir, mais je vais accompagner cette jeune fille. Je descendais justement pour faire quelques achats, donc c’est inutile que tu te dérange pour ça. Je vais essayer de voir ce qui la terrorise à ce point. De plus, j’ai dans l’idée que si il arrivait quelque chose, elle préfèrerait que tu ne sois pas là.

- D’accord… Mais tu as intérêt à me le dire. J’ai vraiment envie de comprendre ce qu’elle a.

Milo acquiesça, puis se retourna vers la jeune fille. Il l’appela, lui demandant de venir, ce qu’elle fit. Aiolia se chargea de lui expliquer ce qu’ils avaient décidé, mais oublia volontairement de lui dire la fin de leur conversation. Bien que tout d’abord pas très enthousiaste à cette idée, Masha accepta pour faire plaisir à ces deux chevaliers d’or qui, pour une raison qu’elle ignorait, ne s’appréciaient pas beaucoup, mais qui avaient décidé de se réconcilier pour l’aider. Elle alla chercher en hâte deux trois bricoles, vérifiant au coup de vent ce qu’elle devait acheter, puis alla rejoindre Milo afin de descendre avec lui.
Le reste de la journée se déroula tranquillement. Masha et Milo discutait beaucoup, et d’ailleurs ils commençaient à beaucoup s’apprécier. Mais à un moment, Masha aperçu une de ses ancienne amie, et décida d’aller la voir, laissant ainsi Milo seul. Il la surveillait de loin, ne la quittant pas des yeux une seconde, quand une main ridée se posa sur son bras. Se tournant vers la personne, il vit une veille femme dans la force de l’âge, un long manteau noir lui recouvrant le corps, un voile lui cachant la moitié gauche du visage. Ses jours devaient être compté, car elle semblait vraiment exténué, tremblant de part en part.


- Vous connaissez Masha ? demanda-t-elle d’une voix fatiguée, en accord avec son apparence.

- Heu depuis peu mais oui, répondit Milo, un peu étonné. Pourquoi ?

- Éloignez-vous le plus possible d’elle, dit la vielle femme avec une lueur effrayée dans les yeux ainsi que dans le ton de sa voix. Elle n’est pas humaine. Elle est capable de faire des choses terribles. Elle a faillit me tuer !

Milo hésita à croire cette femme. Masha ne semblait pas du tout être capable de la moindre mauvaises actions, du moins intentionnellement, et il se demandait si cette veille n’était pas folle. Mais pour appuyer ses dires, celle-ci retira alors en partie le voile qui lui masquait la moitié du visage. Cette partie était défiguré, visiblement du à une importante brûlure. La vielle femme ne s’attarda pas longtemps à laisser son visage entièrement découvert, remettant le voile, puis reprit.

- J’ai très bien connu les parents de Masha. Ils étaient très gentils avec les autres, aidant très souvent la vielle femme que je suis. Lorsque cette petite commença à sortir du ventre de sa mère, il se produisit quelque chose d’incroyable. Alors que le temps était d’une tranquillité absolu, les éléments se déchaînèrent soudainement. Le feu qui avait été allumé afin de réchauffer la maisonnée s’agrandit subitement. Une pluie torrentielle s’abattit sur les alentours. Un vent violent se mit à souffler bruyamment. Et enfin, dernière chose très étrange, des plantes poussèrent un peu partout grandissant à une vitesse incroyable. Les parents de Masha prirent ça pour une bénédiction des dieux, mais moi je me suis mit à me méfier de cette gamine. La mère de celle-ci m’ayant auparavant demandé d’être sa nourrice pendant un temps, je ne pouvait refuser après tout ce qu’ils avaient fait pour moi. Pendant le premier mois, tout se passa à merveille. Un jour, je m’approchait de Masha afin de la nourrir, mais celle-ci se mit soudainement à pleurer. A ce moment, mes habits prirent feu, me brûlant gravement, comme vous avez put le constater avec ce qui me reste de visage. C’est un miracle si j’ai survécu.

La vielle femme se tut alors, reprenant son souffle, perdu d’avoir autant parler. Milo la dévisageait gravement, ne sachant si il devait la croire ou pas. Tout ceci semblait tellement étrange ! La vielle reprit alors.

- Si je vous dis ça, c’est parce que je vous ai vu parler avec elle en venant ici. Si vous tenez à la vie, je vous conseille de l’éviter !

Elle se retourna alors, laissant le chevalier seul avec ses réflexions. Le danger ne lui faisait pas peur du tout, au contraire. Il était un chevalier d’or après tout. Cette femme ne devait pas le savoir, étant donné qu’il venait dans ce village toujours habillé comme une personne « normale ». Il n’aimait pas trop porter son armure tout le temps. Mais, en repensant aux paroles de la vielle, il ne pouvait s’empêcher de la croire. Les brûlures étaient bien réelles, et elle avait réellement l’air terrifiée en racontant ce qui s’était passé. Il décida que ce serait mieux si il rentrait raconter tout ceci à Aiolia. Si Masha était vraiment dangereuse, il devait absolument être avertit. Il chercha la jeune fille des yeux, mais ne la trouva pas. En fait, il la vit, mais elle courait, comme fuyant quelque chose. Milo allait s’élancer à sa poursuite, quand il vit le panier qu’elle avait emmené. Apparemment, Masha l’avait laissé tomber. Mais ce qui l’inquiéta un peu, ce fut la proximité du panier par rapport à lui.

- Elle a tout entendu… souffla Milo.

 

IX



Masha courait, désespérément, comme si elle avait quelque chose d’horrible derrière elle. Elle ne prêtait pas attention à l’endroit où elle allait. Tout ce qu’elle voulait, c’était être loin, très loin, se cacher de préférence. Elle avait entendu la conversation entre Milo et cette vielle femme, qui apparemment avait été sa nourrice quand elle était toute jeune. Elle se rappela alors de ce que lui avait raconté ses parents un jour. Ils lui avaient raconté qu’une fois, quelqu’un avait essayé de lui faire du mal, pour une raison qu’ils ignoraient, mais que, par miracle, cette personne fut puni par les dieux pour avoir tenté de s’en prendre à un être innocent. Cette personne fut brûlé vive d’après ce qu’ils avaient dit. Maintenant, elle savait ce qui s’était vraiment passé, et cela l’effrayait. Étrangement, elle ne remettait pas en doute les dires de cette vieille femme, car au fond d’elle-même, elle savait que c’était la vérité.
Pourquoi ? Pourquoi tout ceci lui arrivait-il ? Elle l’ignorait, et donnerait cher pour avoir une réponse à ses interrogations. Des souvenirs qu’elle avait enfoui au plus profond de son âme ressurgirent alors. Une fois, avec ses amis, ils s’étaient amusé à monter une sorte de campement non loin des maisons où ils vivaient. Le froid accompagnant la nuit tombante, ils avaient fait un feu, mais par inadvertance, l’un de ses camarade l’a poussa, et sa main se retrouve au cœur des flammes. Elle avait alors poussé un cri, mais non de douleur, seulement de surprise. En effet, les flammes ne lui faisait nullement mal. Elle retira sa main, et s’aperçut qu’elle était légèrement brûlée mais rien de très grave. La blessure fut guéris en même pas deux jours, et elle ne laissa aucune cicatrice. Peu après, elle fut traité à la fois comme une bénie des dieux, mais aussi comme un monstre, les avis divergeant au sujet de ce miracle. Mais, et heureusement pour elle, cette affaire fut très vite oubliée. Vint ensuite un jour où, s’étant grandement énervée contre une personne pour une raison qu’elle avait oubliée, un vent violent se mit à souffler, presque une tempête. Du fait de sa surprise, sa colère se dissipa, et elle retrouva son calme, ainsi que le tempête… Tout le monde s’accorda à dire que c’était une pure coïncidence.
Mais à présent, elle savait que tout ceci n’était guère le fruit du hasard, qu’elle n’était ni bénie des dieux, ni un monstre. Elle était seulement…


- Inhumaine, je suis inhumaine, se dit-elle. Mais alors dans ce cas, peut-on considérer que je sois vraiment un monstre ? Le fait d’avoir des pouvoirs dépassant l’entendement justifie-t-il qu’on me prenne pour un monstre ? Je ne sais pas… Peut-être que oui, peut-être que non.

Masha était vraiment perdue… autant psychologiquement que physiquement. En effet, à force de courir sans regarder où elle allait, elle avait fini par se retrouver dans un endroit qu’elle ne connaissait pas du tout. Elle pouvait clairement entendre le bruit des vagues se brisant sur les rochers, et après quelques pas, elle aperçue une petite crique, apparemment à l’abri de la mer qui semblait s‘agiter de plus en plus. Étant située un peu en hauteur par rapport à la plage qui se détachait un peu, Masha descendit en sautant sur de gros rocher, parfois au prix d’une petite escalade, ce qui n’était pas très pratique avec les habits qu’elle portait. Mais finalement, elle put poser ses pieds sur le sable humidifié par les vagues, et l’une d’elle vint lécher les pieds de Masha, qui poussa un petit cri de surprise, ne s’étant pas attendu au contact de l’eau froide. Elle se mit soigneusement à l’écart des éventuelles vagues en se collant presque à la paroi rocheuse qui marquait les limites de cet endroit, puis déambula ainsi le long de la roche.
Ses pas la menèrent vers une trou béant et sombre dans la pierre, ressemblant visiblement à l’entrée d’une grotte naturelle. Masha y entra, dans l’espoir de restée cacher ici. Au bout de quelques enjambées, aucune lumière ne parvenait, comme absorber par les parois de la grotte, mais elle continua quand même un peu. Lorsque vraiment elle ne pouvait voir pas plus loin que le bout de son nez, elle se laissa glisser contre la roche, râpant ainsi son dos. Puis elle se recroquevilla sur elle-même, ramenant ses jambes contre son torse, encerclant ses genoux de ses bras avant de cacher son visage. Puis, petit à petit, des larmes perlèrent dans le coin de ses yeux afin de rouler sur ses joues, puis s’écraser au sol. Au fur et à mesure que la jeune pleurait, la ciel lui pleurait ses propres larmes, comme pour accompagner quelqu’un dans sa tristesse…

Sous la soudaine pluie battante, Milo arriva au pied de la Maison du Lion, revenant seul. Il n’avait cessé de se poser des questions sur l’étrange comportement de Masha, et ne savait quoi en penser. Avait-elle fui parce qu’elle venait d’être dénoncée ? Ou parce qu’elle avait prit peur ? Cette dernière possibilité le faisait douter sur ce qu’il devait faire. Il désirait en parler à Aiolia, mais en même temps, cela pourrait nuire à la jeune fille alors qu’elle n’y était peut-être pour rien. Mais en même temps, si Masha était réellement ce danger qu’avait décrit la vieille femme, il devait absolument avertir Aiolia. Que faire ? Il n’en savait rien. Il avait beau se poser des centaines de fois la question, il ne s’était toujours pas décidé.
Il se figea alors une fois à l’intérieur du 5eme temple, attendant Aiolia. Ce dernier ne mit que très peu de temps avant de venir, ne portant toujours son armure alors que c’était recommandé, et lorsqu’il vit l’absence de Masha, son visage se défigura sous la colère.


- Qu’as-tu fais de Masha ??!! hurla-t-il. Si jamais il lui est arrivé le moindre mal, je te jure l’araignée que…

- Du calme sale matou ! répliqua Milo. Écoutes, pour une raison que j’ignore, Masha s’est enfuie, et je n’ai pas vu où elle était partie.

Il s’arrêta alors quelques secondes. Il avait décidé de ne rien dire à Aiolia, car il avait l’air de vraiment tenir à cette petite. De plus, il trouvait vraiment impensable que Masha soit capable de faire ce genre de choses.

- Lorsque j’ai demandé à des passants, reprit-il, on m’a raconté qu’une jeune fille correspondant assez à sa description se dirigeait vers une crique, non loin du Cap Sounion…

- Et pourquoi n’es-tu pas allée la chercher ?!

- Parce que c’est ta servante, c’est toi qui l’a envoyé dehors, donc c’est à toi de le faire !!

Hurler ainsi lui avait fait un peu de bien, et il espérait faire bouger Aiolia, lui faire comprendre qu’il avait une part de responsabilité dans ces évènements. Visiblement, cela eu l’effet escompter, car Aiolia regarda un moment le sol, réfléchissant, puis lorsqu’il releva la tête pour fixé Milo, il dit :

- Vers la crique du Cap Sounion c’est ça ?

Milo hocha la tête en affirmation, puis il suivit du regard Aiolia qui sortait de sa demeure au pas de course. Puis, réalisant ce qu’il venait de faire, le chevalier d’or du Scorpion poussa un soupir d’exaspération, tandis qu’il se retournait afin de rentrer dans son temple.

- Mais pourquoi est-ce que je l’aide celui-là… Bah, ce qui est fait est fait, inutile de m’apitoyer plus longtemps.

Masha sanglotait toujours, n’arrivant pas à se calmer, malgré le fait qu‘elle soit là depuis environ une heure. Un nombre incalculable de questions se bousculaient dans sa tête, et elle ne parvenait à les chasser, à faire le tri, et encore moins à y répondre. Elle souhaitait tant ne jamais avoir ces pouvoirs qu‘elle qualifiait de démoniaque, avoir la possibilité de vivre comme un être humain normal.

- Que ces tristes larmes cessent donc d’abîmer ton cher visage mon enfant. Elles ne sied guère à ta personne.

Masha, surprise, releva la tête afin de voir qui venait de lui parler. Elle ne vit tout d’abord rien dans la noirceur de la grotte, mais petit à petit, une silhouette se distingua. Celle-ci se rapprocha de la jeune fille d’un pas calme et discret, comme si ses pieds touchaient à peine le sol. Lorsqu’elle fut juste devant Masha, qui n’osait bouger, elle s’agenouilla, ce qui permit à la jeune fille de voir très bien qui se tenait devant elle, d‘autant plus qu‘une certaine luminosité semblait s‘éveiller peu à peu. C’était une très belle femme, ayant les traits fin et réguliers et un teint assez pâle. Ses yeux d’un bleu lagon la fixant avec douceur, et ses cheveux d’un vert feuillage dans lesquels étaient placé des sortes de tiges avec quelques feuilles et fleurs de divers ton de couleurs, on pouvait venir à croire que c’était une déesse. De plus, sa présence faisait ressentir comme une aura de puissance, que l’on pouvait à peine percevoir, mais dont on pouvait clairement savoir la force.


- Qui êtes-vous ? demanda Masha d’une petite voix craintive et apeurée. Et que me voulez-vous ? Et puis comment êtes-vous arrivez ici sans que je vous vois. Je suis là depuis un moment, et je ne vous ai pas vu venir.

- Laisse donc ta peur quitter l’abri qu’elle a prit dans ton cœur, dit la femme avec un sourire doux et rassurant. Tu ne crains rien avec moi, et je ne te veux aucun mal. Je ne saurais t’infliger la moindre douleur, mon enfant, car tu es m’es chère.

La jeune servante observa un moment celle en face d’elle, interloquée par ces paroles. Elle avait l’air sincère quand elle disait ça, et ses lèvres étaient même illuminé par un sourire radieux, mais Masha y nota tout de même une certaine tristesse. La jeune femme posa alors ses mains sur les sols, et pour la plus grande stupéfaction de Masha, une plante qu’elle reconnut comme étant un plant de tomate poussa à une vitesse phénoménale. De plus, les fruits étaient à maturité, offrant une note de couleur rouge vif dans cette sombre grotte. La femme cueillit un fruit et le tendit à Masha, qui n’arrivait pas à bouger, interdite face à se prodige.

- Tu dois avoir un peu faim. Ceci est très bon pour la santé.

- Qui… Qui êtes-vous ?

- Je ne suis que la Mère de toute choses, celle qui a crée la vie et qui donne la mort quand elle le souhaite. Première déesse de la Création, j’ai instauré l’ordre divin. Je suis la déesse de la Terre, Gaïa.

 

X



Aiolia cherchait partout, inspectant le moindre recoins, questionnant chaque passants, chaque gardes, essayant de repérer une trace du passage de Masha, quelque chose qui lui aurait permit de savoir où elle était allé. Il avait bien suivit les indications de Milo, qui lui avait dit de voir une crique se trouvant non loin du Cap Sounion, mais il ne l’avait pas vu. D’un autre côté, cet endroit étant assez petit et n’ayant visiblement pas de cachette, il avait seulement jeter un rapide coup d’œil. N’ayant pas aperçu la jeune fille, il s’était éloigné en grommelant. Cela faisait quelques heures qu’il la cherchait, et le soleil déclinait de plus en plus. Il n’aurait aucune chance de la retrouvée dans les ténèbres de la nuit.
Mais il ne comprenait pas pourquoi tout le ramenait à cette crique. Il avait pourtant vérifié, et n’avait rien trouvé. Se disant qu’il fallait mieux regardait deux fois plutôt qu’une, il y retourna. Cette fois, il observa plus attentivement, appelant parfois la jeune fille, mais n’obtint aucune réponse, ni ne trouva quelque chose d’intéressant. Il avait bien espéré trouver quelques traces de pas sur le sable, mais il n’y avait rien. N’ayant plus rien à tirer de cet endroit, il alla retrouver les amies de Masha, en espérant qu’elles puissent l’aider, d’une façon ou d’une autre. Mais non, elles aussi ignoraient où se trouvait la jeune fille. Elle semblait avoir disparue, comme volatilisée. Dépité par ce cuisant échec, il rentra, tandis que le soleil disparaissait peu à peu, se cachant derrière l’horizon.
Une fois chez lui, il ne parvenait à manger, ni même à trouver le sommeil tant il était inquiet. Il se demandait aussi ce qui avait poussé Masha a fuir comme ça. Milo avait été bien vague, et en y repensant maintenant, il était certain qu’il lui cachait quelque chose. Mais dans le doute, il préféra ne pas bouger. Et puis, il espérait que peut-être Masha reviendra par elle-même…

Aiolia avait raison de croire ça. Masha entamait la montée des escaliers, mais son pas semblait pesant, son esprit préoccupé par quelque chose. Elle leva son regard vers la Lune qui commençait juste à se montrer. Elle était donc rester tout ce temps dans la grotte ? Elle n’avait pas vu le temps s’écouler, absorber les dires de celle qu’elle avait rencontré. Elle avait même un peu de mal à croire tout ceci, mai elle acceptait de mieux en mieux. Un vent frais se mit alors à souffler, ce qui fit frissonner la jeune fille.


- Je ne veux plus de cet air froid , pensa-t-elle fort.

En réponse à sa pensée, le vent se calma un peu, mais surtout se réchauffa, ce qui le rendit agréable et doux. Masha continua alors de monter, passant successivement chaque maison sans problème… ou presque. En effet, alors qu’elle s’avançait dans la 4eme maison, une main puissante se posa sur son épaule, la retenant ainsi. Se retournant, elle eu l’effrayante surprise de voir Masque de Mort, celui-ci possédant un étrange sourire.


- Alors jeune fille. Que fais-tu à cette heure tardive dans mon temple ?

- Je le traverse, répondit-elle en essayant de garder son calme, comme toute personne montant ou descendant ces escaliers…

- Mais tu sais qu’à partir d’une certaine heure, on peut se poser des question lorsque que tu mets du temps à passer un temple ?

- Hein ?

Elle ne comprit pas tout de suite ce qu’il voulait dire, quand il la plaqua violemment contre un mur, une main devant sa bouche pour l’empêcher de crier, tandis qu’il se serrait fort contre elle. Masha se demanda si c’était le contact froid de l’armure, ou alors le contact avec Masque de Mort qui la faisait autant frissonner. Dans le regard de Masha se mêlaient la crainte, mais également le feu ardent de la colère. Elle repensa alors à la discussion qu’elle avait eu avec Gaïa.


- Très bien… Il sera le premier…

Pour sa plus grande stupéfaction, Masque de Mort se retrouva soudainement les membres ligotés par des lianes, qui sortaient directement du sol en marbre ! Ces lianes bougeaient comme si elles étaient animées par leur volonté propre, et cette volonté désirait éloigner le chevalier d’or de la jeune fille, celle-ci put d’ailleurs s’écarter et ainsi être à nouveau libre de ses mouvements. Les plantes s’allongèrent alors vers le haut, emmenant avec elles le chevalier qui voulut réduire à néant ces végétaux. Mais, malheureusement pour lui, plus il y mettait de force, et plus les lianes résistaient ! Il ne parvenait pas à détruire ce qui le maintenait en l‘air. De plus, il y en avait de plus en plus, et cela s’enroulait autour de son corps, comme pour l’envelopper d’un linceul.

- Arrêtes ça tout de suite Masha ! hurla-t-il, dans l’idée que la jeune fille y était pour quelque chose.

- Pourquoi arrêterais-je maintenant ? rétorqua Masha avec dans sa voix une agressivité qu’elle n’avait jamais eu auparavant. Qu’est-ce que ça te fait de te sentir impuissant… faible… contraint de subir les évènements… ? Réponds-moi, je suis curieuse de savoir.

- Ah ! Parce que tu pense sérieusement que je ressens ça ?? Mais t’es complètement barge !

Masha n’apprécia pas la réplique, et elle fronça les sourcils. Aussitôt, les plantes prirent feu, dans un brasier ardent qui brûlait un peu la peau du chevalier d’or, comme si ce feu n’était vraiment pas naturel. Réduit en cendre, les lianes ne purent supporter très longtemps le poids de Masque de Mort, qui s’effondra alors sur le sol. Il possédait nombre de brûlures sur tout son corps, et lorsqu’il releva la tête vers Masha, il fut surpris de voir sur le visage de la jeune fille, un sourire cruel et sadique.

- Laisse-toi faire, chevalier, ta mort sera ainsi plus douce…

Mais, comme si l’idée de tuer quelqu’un lui était soudainement redevenu intolérable, elle se figea subitement, les yeux agrandis par la stupeur.


- Mais… Mais qu’est-ce que je fais ?

Elle se mit soudainement à courir vers la sortie, laissant Masque de Mort seul, étonné par ce changement si soudain de comportement, mais encore plus par ce pouvoir dont elle venait de faire preuve. D’autant plus qu’elle ne laissait s’échapper aucune trace de cosmos…


Masha pénétra silencieusement dans la 5eme maison du zodiaque. Elle ignorait si elle avait fait le bon choix en revenant ici, mais de toute façon, elle n’avait pas vraiment le choix. Elle devait le faire. Marchant à pas feutré, elle se dirigea vers sa chambre, désirant vraiment que Hypnos la berce dans ses bras. Mais elle fut surprise de voir de la lumière dans la cuisine. Se rapprochant un peu, elle vit Aiolia, affalé sur la table, visiblement atterré. Elle frappa deux petits coups sur la porte, ce qui fit levé la tête à Aiolia. Quand ce dernier la vit, un immense sourire joyeux et rassuré se peignit sur ses lèvres, alors qu’il se leva brusquement pour venir la prendre dans ses bras. Il était rassuré, oui. Soulagé qu’elle n’ai rien, qu’elle aille bien, qu’elle soit enfin rentré.


- Tu m’a fait peur Masha. Ne recommence plus jamais ça.

- Je… je suis désolée.

- Ce n’est pas grave. Maintenant que tu là, j’aimerais que tu m’explique ce qui t’es arrivé. J’aimerais comprendre ce qui t’a prit ! … Oh et puis non. Va te reposer. Tu dois être fatiguée avec tout ça. On en reparlera demain.

Masha ne sut dire un mot, touchée par la compassion du chevalier du Lion. Mais elle était également surprise d’entendre Aiolia lui demander des explications. Elle aurait pensé que Milo lui avait tout raconté, mais apparemment non. Sans dire quoique ce soit, elle regagna sa chambre, afin de se remettre de sa journée, qui n’a pas été des plus tranquille. Cette nuit là, ses rêves furent agités, composés de brasiers ardent, de pluies torrentielles, de violentes tempêtes et de tremblements de terre…
Le lendemain, la dernière chose que voulait Masha, c’était bien de se lever. Elle désirait rester dans son lit, ne plus bouger de là. Comme s’il avait deviné, Aiolia se présenta dans la chambre de la jeune fille, un plateau amenant le petit-déjeuner à la main.


- Dis, normalement c’est toi ou moi la servante ? dit-il en riant.

Masha sourit, mais il était plus forcé que vraiment spontané. Elle n’avait pas le cœur à rire. S’installant convenablement, Masha posa le plateau sur ses genoux et commença à manger un peu, tandis qu’Aiolia prenait une chaise et se posa à côté de la jeune fille. Il attendit qu’elle ai finit, ce qui ne tarda pas, vu que Masha ne mangea presque rien. Il décida de faire comme si de rien n’était.

- Bon alors, tu veux bien me dire ce qui t’as prit de t’enfuir comme ça ? Milo m’a dit qu’il ignorait pourquoi.

Ainsi donc, le chevalier du Scorpion n’avait vraiment rien raconté de ce qui s’était passé. Elle le remercia mentalement, mais maintenant, elle devait trouver un mensonge pour satisfaire la curiosité d’Aiolia.

- Ben… en fait… j’ai vu quelqu’un, enfin revu serait le mot exact. Et j’ai prit peur…

- Pourquoi donc ?

- Euh… Je soupçonne cette personne d’être le meurtrier de mes parents, voilà.

Aiolia la regarda, surpris par cette révélation, mais il avait tout de même un peu de mal à la croire. Quelque chose n’allait pas, mais il ne put trouver quoi. Mais si Masha lui mentait, cela voulait dire qu’elle ne souhaitait pas en parler, aussi n’insista-t-il pas.

- D’accord… Je suis sincèrement désolé pour tes parents.

- Merci.

- Au fait, ne bouge pas aujourd’hui. Ce sera mieux je pense.

Sur ces mots il se leva, quittant la pièce afin de laisser la jeune fille tranquille. Le reste de la journée se déroula sans incident majeur. Masha ne quitta pas une seule fois sa chambre, même pour se nourrir malgré l’insistance d’Aiolia, et elle se terrait dans un demi mutisme inquiétant, ne souriant même plus. Le chevalier avait bien tout tenté pour la voir plus heureuse, mais rien n’y fit. Il avait finit par arrêter devant l’absence totale de résultats. Le soir venu, il alla se coucher avec la ferme intention de trouver une idée le lendemain pour aider Masha.
Mais, tard dans la nuit, la jeune fille se leva. Elle se dirigea tout d’abord vers la cuisine, puis ensuite entra à pas feutré dans le chambre d’Aiolia. Vérifiant lentement que celui-ci dormait bien, elle s’approcha de lui, puis brandit quelque chose. Lorsqu’elle leva les mains, quelques rayons de la Lune firent briller une lame argentée.

 

XI



Masha observa un moment Aiolia, hésitante à abattre cette arme, un simple couteau qu’elle avait déniché dans la cuisine. Elle devait le faire, mais elle ne pouvait s’en prendre à Aiolia, qu’elle appréciait beaucoup. Petit à petit elle baissa les mains, mais ne tenta pas de tuer Aiolia. Non, cela était au-dessus de ses forces. Alors qu’elle allait se retourner et sortir, l’image de Gaïa lui revint en mémoire. Cette image était si triste, qu’elle ne pouvait se défiler. Elle lui avait demandé quelque chose, aussi devait-elle l’accomplir. D’un geste lent et résigné, elle approcha la lame de la gorge d’Aiolia, mais celui-ci se réveilla, et d’un coup vif attrapa le poignet de Masha pour arrêter l‘avancée mortelle de sa main. Il la regarda, incrédule.

- Pourquoi fais-tu cela Masha ?

Il avait posé sa question sans la moindre agressivité, ni même le moindre reproches. Il désirait comprendre, c’est tout. Masha ne répondit tout d’abord rien, stupéfaite par ce retournement de situation qu’elle n’avait nullement prévue, mais elle finit par fondre en larmes, s’écroulant sur elle-même.

- Mais qu’ai-je fais ? Mais qu’ai-je fais ? répéta-t-elle.

Aiolia ne sut trouver comment réagir face à cela. Elle semblait tellement apeurée et effondrée qu’il ne sut dire de mots qui aurait put la réconforter, n’en trouvant pas. Il ne lui en voulait pas, bien au contraire. Finalement, il se pencha vers la jeune fille et l’aide à s’asseoir sur le matelas. La jeune fille, petit à petit, sécha ses larmes, comprenant qu’elle devait être plus calme pour les explications qu’elle devait dorénavant fournir à Aiolia. Ce dernier attendant, tranquillement, ne brusquant pas les choses. Finalement, Masha redressa le tête, plus dignement qu’elle-même ne l’aurait cru.


- J’imagine que tu souhaite des explications, dit-elle d’un ton neutre.

- En effet.

Masha prit alors son inspiration. Ce qu’elle avait à lui dire était long. Elle fit un rapide récit de tout ce qui s’était passé, parlant de la vieille femme, de sa fuite éperdu, de son refuge dans la grotte, et puis de sa rencontre.

- Il faut que tu sache que cette grotte se situe dans une crique, non loin du Cap Sounion si je me rappelle bien de ce qu’on m’a dit. La personne que j’ai vu là-bas à caché l’entrée, afin que l’on puisse parler plus tranquillement.

Elle s’arrêta alors quelques secondes, afin de rassembler dans l’ordre ses souvenirs, puis reprit son récit.

- Pour ma plus grande surprise, la personne que j’ai rencontré n’est autre que la déesse mère de la Terre, Gaïa. Et, je suis sa fille… enfin, je suis plutôt une de ses créations, qui sera le bras de sa vengeance.

- L’une de ses création ? Vengeance ? répéta Aiolia. Peux m’expliquer un peu mieux ?

- Je suis l’une de ses création car c’est elle qui m’a donné vie. Je suis l’incarnation d’un être qu’elle a façonné il y a de cela quelques temps. Elle ne m’a pas dit quand exactement. Tu sais, dans l’antiquité, certains philosophes affirmaient que le corps humain était constitué à partir des quatre éléments. L’eau, la terre, le feu et l’air. Tout ceci condensé et utilisé avec des pouvoirs divins. De nos jours, c’est démentit, et on sait de quoi est fait le corps humain. Mais ces philosophes avaient raisons, du moins pour moi exclusivement. Oui, tu as bien comprit. Gaïa m’a créé en utilisant ces quatre éléments, ce qui fait que j’arrive à les contrôler.

- Vraiment ? fit Aiolia, assez étonné par ces déclarations.

Masha hocha la tête en affirmation. Et pour confirmer ces dires, elle ouvrit la paume de sa main devant Aiolia. Se concentrant, une flamme apparut alors. Elle brûlait sans combustible, et ne semblait en aucun cas faire mal à la jeune fille. Le chevalier d’or poussa un sifflement d’admiration, bien que sa stupeur se voyait dans ses yeux.


- Je pourrait t’en montrer d’autre comme ça, mais je pense qu’il y a plus important à faire. Enfin bref. Tu te souviens de cette étrange tulipe après la maison de la Vierge ? Celle qui m’avais fait sombrer dans le coma ?

- Je ne pourrais jamais l’oublier. D’ailleurs elle a disparu cette fleur.

- En effet. C’est Gaïa qui la fait pousser là. Une fleur unique, qu’on ne pourra jamais en trouver deux. Cette plante, c’est moi qui l’ai conçu. Elle est mon symbole, me représente. Le fait que je me sois blessée avec ses épines, ainsi qu’avoir respiré son parfum, m’a permit de retrouver en partie mes pouvoirs, car je les avait scellé à l‘intérieur. Étrange n‘est-ce pas. Quand j’étais petite, il m’arrivait d’utiliser mes pouvoirs, mais je n’en avait pas conscience. Et plus je grandissais, plus ce don, se tapissait au fond de moi. En fait, il était présent pour me protéger lors de mon enfance. Mais petit à petit, devenant plus grande et pouvant me défendre seule, je n’en ai plus eu besoin, du moins jusqu’à ce que Gaïa ne décide de passer à son plan…

- Sa vengeance c’est cela ? Pourquoi désire-t-elle se venger ? Et de qui ?

Masha ferma les yeux, soupirant. Elle se rappela la détresse dans les yeux de la déesse lorsqu’elle lui avait expliqué.

- Elle souhaite se venger des humains, lâcha-t-elle.

- Ah bon ? Pourtant les humains sont comme ses enfants, et il m’avait semblé que Gaïa était la déesse avec le cœur le plus bon.

- C’est en effet ce qu’il en est. Mais malheureusement, elle n’en peut plus. Elle est maltraité par les Humains Aiolia ! Elle nous donne tant, et échange, sais-tu ce qu’on fait ? On détruit, on saccage, on pollue. Tout ceci la rend malade, et elle ne peut en supporter d’avantage. Elle a décidé de laisser les Hommes sombrer dans le chaos, afin de leur donner une leçon. Mais pour cela, elle veut annihiler les protecteurs de l’Humanité…

Elle laissa sa phrase en suspend, afin qu’Aiolia puisse réfléchir sur ce qu’elle venait de dire. Celui-ci comprit de suite.

- Les protecteurs de l’Humanité… les Chevaliers d’Athéna…

- Oui. Et si il le faut, je pourrais même avoir à tuer Athéna. La déesse est la gardienne de la Terre, mais Gaïa trouve qu’elle ne remplit pas ses fonctions. Elle doit certes protéger les Hommes, mais elle doit aussi protéger la Terre. Malheureusement, Athéna est aveuglée par son rôle et elle en a oublié la déesse Mère.

- Je t’interdis de critiquer Athéna ! s’insurgea le chevalier du Lion. Athéna ne veut que le bien de tous !

- Elle veut le bien de tous mais elle ne le fait pas ! Penses-tu sincèrement que Gaïa, qui est réputée être douce avec ses enfants, désirerait détruire quelque chose juste parce qu’elle en a envie ? Non.

Aiolia ne répliqua rien. Elle avait raison, il le reconnaissait, mais en même temps, sa foi de chevalier lui interdisait de le faire, de trouver les mots pour contredire Masha. Mais il n’y arrivait pas… Une question lui vint à l’esprit.

- Que vas-tu faire maintenant ? Tu va encore essayer de me tuer ?

A ce moment là, Masha fut prise de tremblement, son corps se raidit. Elle ne désirait pas lui faire le moindre mal. Pourquoi avait-il fallu qu’elle le rencontre ? Son cœur et son âme souffrait le martyre, déchiré entre sa fidélité à la déesse et son amitié envers Aiolia. De plus, elle n’aimait pas tuer, malgré le fait que Gaïa l’ai créé pour ça.

- Je… Je l’ignore. Je ne sais pas. Je ne pense pas…

Elle se leva brusquement, se dirigeant à pas rapide vers la porte.

- Je vais y réfléchir, dit-elle sans même se retourner.

Elle ne laissa pas le temps à Aiolia de répondre. A vrai dire, sa décision était déjà prise. Elle quitta le temple, descendant à grande vitesse les marches, allant dans cet endroit où tout lui fut révélé. Cette grotte, où tout avait commencé, et où tout se finirait. Au bout d’un long moment, elle y parvint enfin. Dans l’obscurité, elle serra fermement le couteau qu’elle avait encore dans ses mains, puis baissa les yeux sur la lame d’argent.


- Tu prendra quand même une vie ce soir…

Avec calme et précision, elle se trancha les veines, laissant s’écouler son sang sur le sol poussiéreux. Elle s’allongea alors puis ferma les yeux, pour faciliter la venue de son sommeil éternel. C’était dans ses rêves que Gaïa avait commencé à lui parler, et elle espérait donc que la déesse puisse s’introduire à nouveau dans son esprit. Une flaque de sang grossissait rapidement, au fur et à mesure de l’écoulement de ce liquide rouge, mais tellement vital. Sentant sa vie s’échapper, elle adressa une ultime prière à la déesse. Elle savait qu’elle l’entendrait, car les grottes sont des expressions de Gaïa.

- Chère déesse, Mère de toute vie. Pardonne-moi, j’ai échoué. Je ne saurais faire couler le sang des chevaliers d’or. Malgré le fait que tu m’ai créé dans ce but, l’idée de tuer m’es intolérable. En compensation, accepte mon sang à la place de celui des chevaliers d’or…

Elle aurait voulut ajouter de laisser Athéna et ses chevaliers tranquille, d’accepter leur méthode qui, avec un peu de chance, finiront par être secourable pour elle aussi, mais le temps lui manqua. Sa vie s’échappa. Alors une voix s’éleva, une voix triste, noyée dans des larmes :

- Ta requête est acceptée mon enfant. Puisse-tu trouver le repos éternelle qui t’es due parmi les éléments qui ont fait de toi ce que tu es.


FIN





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